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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 20:31

RAPPEL SUCCINT :

D'un écheveau de tendances diverses, exactement à l'image des hésitations des gouvernants français et de leur administration locale sur l'orientation d'une véritable politique algérienne, d'expériences, d'échecs, d'avancées, et de confrontation permanente entre un système imposé depuis Paris et une situation concrète sur place en constante évolution humaine, il faut dégager quelques notations de base, qui, sans pouvoir rendre compte de tout, n'en constituent pas moins une réalité sur laquelle on peut s'appuyer :

- Les préoccupations relatives à l'Enseignement ont vu le jour très tôt après la prise d'Alger, on peut dire:  en avance sur la pacification de tout le territoire et sur la fixation d'une ligne politique affichée, même provisoire.

- La place de la population locale a de suite été envisagée. le facteur déclenchant a été la médecine, même rudimentaire, dont les bienfaits ont eu vocation à être portés à toute la population du territoire, associant très rapidement l'exigence de compréhension, donc d'apprentissage des langues parlées dans le pays à la possibilité de soigner. Ce socle linguistique entraîna l'extension d'une formation de base médicale aux autochtones. Parallèlement, le besoin se fit rapidement sentir , non seulement de comprendre les gens, mais aussi, d'apprendre à connaître leurs us et coutumes. Cette nouvelle branche de communication généra elle-même l'organisation des connaissances dans un domaine qu'on qualifiera pour simplifier de "juridique", le tout, en tâtonnant quant à l'articulation de tout cela, et en rencontrant maints obstacles.

- Lorsque ces différents types d'enseignements prirent forme, notamment dans le secteur juridique, et se firent ambitieux, cela vers le milieu du XIX° siècle , on vit deux grandes tendances émerger et s'affronter, non exemptes d'influences politiques nées de l'évolution de la situation en France, avec le Second Empire ( avant, pendant et après): les partisans d'un Enseignement, certes de base française, mais  adapté aux conditions locales, sociologiques et autres, face aux tenants d'une assimilation totale de l'Enseignement Supérieur en Algérie à celui de la France métropolitaine. Dans un contexte humain déjà complexe, en raison de la diversité des communautés et de leurs caractéristiques propres, souvent irréductibles les unes aux autres, avec un " chapeau" français métropolitain, lui-même orienté vers des enjeux auxquels l'Algérie était intrinsèquement étrangère, ces débats passionnés s'enfonçaient dans la confusion, et rendaient indispensable une intervention d'ordre législatif.
Ce fut là le rôle de la Loi du 20 décembre 1879. 

Cette loi ne comportait que  9 articles ! On est loin des textes d'aujourd'hui, hypertrophiés et souvent rédigés à partir de bases autres que celle donnée au XVII° siècle : " Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement...;"

Trois de ces 9 articles portent statut des Ecoles de Droit, des Sciences, des Lettres, et de Médecine et Pharmacie.

Tirons-en les dispositions qui intéressent notre recherche :

L'enseignement dans l'école de droit comprend les matières exigées pour l'obtention du baccalauréat, plus le droit commercial, le droit administratif et les coutumes indigènes.

L'enseignement dans l'école des sciences les maths, la physique; sciences naturelle, avec application à l'industrie, l'agriculture, à la statistique,  et aux besoins spéciaux de l'Algérie.

L'enseignement dans l'école des lettres comprend la littérature française, les littératures des nations méditerranéennes, les littératures classiques, la langue arabe et les dialectes algériens, et bien entendu, l'histoire - particulièrement celle de la France et de l'Algérie, la géographie, l'archéologie...

Ces Ecoles se doublent d'écoles préparatoires de médecine et de pharmacie, et de droit. On y délivre des certificats  qui comportent des branches spéciales, par exemple: en coutumes indigènes, assorties au droit administratif.  Sciences et lettres ont aussi leurs Ecoles préparatoires, délivrant des brevets spéciaux, adaptés à la spécificité algérienne

Ces Ecoles préparatoires, portées sur les données pratiques plus que sur l'enseignement théorique,sont destinées à répondre " aux conditions particulières du sol, du climat, de la religion, du langage et de la société ".

(in Rapport du Sénateur de Rozière ) "  C'est une création d'un nouveau genre  qui offre plus de souplesse et d'élasticité, qui n'est limitée par aucune tradition ".

C'est un très grand pas qui est accompli vers une Algérie moderne, animée par le Réalisme et le dynamisme créatif. Il y a là la marque de l'ESPRIT PIONNIER.

Dans cet esprit, en conclusion, ce sont des pistes qui vont être ouvertes, pour que s'y engouffre toute personne avide de creuser la question. Voici donc quelques repères bibliographiques  :

- Jacques-Numa LAMBERT : " Manuel de législation algérienne " ( Alger, 1952)

- Louis-Auguste BARRIERE : " Le statut personnel des musulmans d'Algérie de 1854 à 1962 " ( Thèse, Dijon, 1993 )

- Jean-Christian SERNA : " Citoyenneté et laïcité dans l'autre France ( Algérie 1830-1962) dans Mélanges en l'honneur de Camille Jauffret-Spinozi.

-Florence RENUCCI : " Le statut personnel des indigènes - comparaison entre politiques juridiques française et italienne en Algérie et Libye, 1919-1943. (Thèse d'histoire du droit, Aix 2005) 

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