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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 16:22

PETITE REVUE DE LIVRES

[ La Patagonie dans ma bibliothèque (*) ]

 

De toutes les grandes catégories de sujets qui se trouvent dans ma bibliothèque, ce qui a trait à la Patagonie – j’allais dire : «  aux Patagonies » du fait d’approches si diverses : géographique, historique, ethnographique, maritime, romancée, et imaginaire – est la plus récente des entrées, en tous cas, une des plus récentes. Et la plus en force. Il y a des tas de raisons à cela, mais je me limiterai au besoin de rêve, et au besoin d’enfance, ce qui d’ailleurs revient au même. De tous les royaumes, seul celui de l’imaginaire n’engendre aucune déception. Et il transcende tout : l’histoire, la géographie, les désirs d’un Ailleurs. La Patagonie remplit toutes ces conditions. C’est pourquoi elle accomplit ce miracle de réunir des personnalités a priori aussi opposées que Jean Raspail et Francisco Coloane, que notre goût des catégories et autres étiquettes verrait bien se combattre à mort, mais qui nous guident sur le même navire, baleinier, cap-hornier, navire de Magellan et pirogue d’Alakalufs, mûs par la même fascination pour ces terres du bout du monde. C’est pourquoi ils sont associés ici, en tête de cette petite revue de livres, bien incomplète si l’on parcourt l’énorme production livresque générée par la Patagonie, mais qui me tient compagnie en permanence  sur mes rayonnages, en un dialogue muet de tous les jours…

Ce ne sont donc pas des objets que je vous présente ici, mais l’équipage du navire sur lequel le vieux jeune homme que je suis a embarqué, en route vers les «  80 ème » de ma vie, dont je ne sais pas s’ils seront hurlants, rugissants, ou mystérieusement silencieux, en attendant d’aborder le rivage de l’Au-delà des Mers, de l’autre côté de l’horizon d’ici-bas.

       

de JEAN RASPAIL :

 

-   « LE JEU DU ROI »

-   « MOI, ANTOINE DE TOUNENS, ROI DE PATAGONIE »                       IMG 0002 NEW

-   « QUI SE SOUVIENT DES HOMMES ? »

-   « ADIOS TIERRA DEL FUEGO »

-   Préface à «  FOUS DE PATAGONIE » ( 4 récits de voyageurs)

-   Préface à « L’ENFER BLANC DE PATAGONIE » ( 3 auteurs)

 

 

de FRANCISCO COLOANE :

 

-   « CAP HORN »

-   « TIERRA DEL FUEGO »

-   “EL GUANACO”

-   « LE SILLAGE DE LA BALEINE »

-   « LE GOLFE DES PEINES »

-   « NAUFRAGE »

-   « LE PASSANT DU BOUT DU MONDE »

-   « LE DERNIER MOUSSE »  

 

 

de JULES VERNE :

 

-   « LES NAUFRAGES DU JONATHAN »

 

de  SAINT-LOUP :

 

-   « LA NUIT COMMENCE AU CAP HORN »

 

 

de MEMPO GIARDINELLI :

 

-   « FIN DE ROMAN EN PATAGONIE »

 

 

de LUIS SEPULVEDA :

 

-   « LE MONDE AU BOUT DU MONDE » 

 

 

d’ ISABELLE AUTISSIER :

 

-   « L’AMANT DE PATAGONIE »

 

 

d’ OSWALD WEGMANN :

 

-   « TIERRA DE ALAKALUFES »

 

 

de NICOLAS HULOT / FRANCOIS PEDRON :

 

-   « LE CAP HORN »

 

 

Et puis, deux livres d’art grand format :IMG 0003

 

-   «  LE PHARE DE PATAGONIE »

 

-   « PATAGONIE ». 

 

(*) prise comme sujet exclusif, ou tout au moins principal,  de l’ouvrage référencé.

 

Et en attente d’acquisition,

des ouvrages de BRUCE CHATWIN, PAUL THEROUX, et bien entendu, de l’immense JOSE EMPERAIRE.

 

 

 

Mais, ce n’est pas tout !  Voilà Dix années que j’ai obtenu ma  « naturalisation » patagone, au cours desquelles ma navigation en solo – la Patagonie de Raspail n’est pas un Club, encore moins une association, et chacun noue un lien direct, personnel, de pure prédilection, avec le Consulat Général – ne m’a pas vu connaître les affres de la solitude, grâce à l’arrivée inopinée mais toujours attendue de «  Bulletins de liaison » qui sont un régal d’agrément, et un point de rencontre entre tous, un carrefour d’amitié, où les nouvelles s’échangent – même si elles remontent à des lustres – fourmillant d’informations, de repères de lecture, et de plus en plus riches d’illustrations en tout genre.

Je crois pouvoir dire que la formule est unique en son genre.

Sa rareté fait d’elle un évènement, renforcé par l’absence totale de périodicité de sa cadence. Vous aurez compris que dans cette Patagonie-là, rien ne se déroule comme dans notre quotidien ligoté par la sorcière Réglementation.

 

 

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Ah, j’oubliais ! Ce « Bulletin de Liaison des Amitiés Patagones, que ses familiers appellent le  BLAP, porte le nom « officiel », déposé dans les registres du Consulat général de Patagonie, de : 

«   LE MONITEUR DE PORT-TOUNENS ».

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 19:00

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Vous avez , d'un coup d'aile, franchi les océans, et vous voilà au bout de la nuit, empoignés par le point du jour sur USHUAÏA...vous croyez rêver, mais vos yeux s'ouvrent au soleil renaissant. Tout est mer, tout est ciel. Vous êtes  AU BOUT DU MONDE...

 

 

A Alger, je n'avais jamais pu ne serait-ce qu'imaginer le Cap Horn.  Enfant, mes lectures m'avaient souvent entraîné vers la mythique Islande, à la suite des pêcheurs bretons, sur fond de voiliers perdus en mer. Lycéen rêvant d'horizons, je partageais la passion de mes camarades s'enflammant pour d'improbables virées en moto vers le cap...Nord. En gens du Sud, nous rêvions du Nord !

Disons que pour moi le Cap Horn, là-bas, tout en bas de la carte, c'était plus loin que l' Enfer !

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Je ne pouvais même pas concevoir qu'un soir de 2008, sur l'autre versant de ma vie, je me trouverais face à lui, et de surcroît, par un calme insolent ! le géant dormait, mais nous l'avons abordé avec respect: il aurait suffi d'un impair pour que, d'un grognement, il déchaine les 3 océans auxquels il commande, l'Atlantique, l'Antartique et le Pacifique, nous balayant alors comme fétus de paille ! les  spécialistes, qui sont poètes à leur manière, appellent cela "une fenêtre météo", à l'ouverture imprévisible, et à la fermeture encore plus imprévisible..

 

Mais, comme tous les méditerranéens, je suis "né en Grèce", et je préfère pour un tel lieu une image qui soit une extension de  l'Odyssée..Alors, je m'en tiens à mon image de géant qui dort, à un cyclope des Mers du Sud... .

 

 

L' Odyssée, l'Odyssée ! oui, mais le cap Horn n'est pas le cap Sounion, même par beau temps...Ces terres du bout du monde sont des terres de désolation. C'est même le nom d'une des îles principales de la région. . Ici, le labyrinthe n'a pas d'autre Minotaure que le monstre qui souffle les vents furieux et creuse des houles démentes. Et c'est au bas d'une Olympe de glace que le navigateur se hasarde. Dante Alighieri, qui eut l'idée géniale de faire de l'Enfer un royaume de glace, aurait trouvé en ces lieux concrétisation de sa vision poétique. Ici, Virgile, qui le conduit, s'appelle Lafko, fils de Lafko, comme dans " Qui se souvient des hommes ? "  de Jean Raspail. Et sa barque a 10.000 ans: c'est celle de ses ancêtres .

 

Fascination de la désespérance, de réaliser qu'on n'est rien, entre les eaux de métal gris, les rivages escarpés à la végétation crépue de végétaux de bronze, et les pics blancs      qui précipitent leurs blocs de glace bleue dans un bruit sourd de tremblement de terre...Jamais la Nature ne m'avait autant donné la sensation de l'extranéité de l'être humain...      Ici, dans les parages, au XVI° siècle des découvertes prométhéennes, une ville entière, créée de toutes pièces avec tous les édifices symboles de la puissance de l'homme d'Occident, disparut entièrement, rongée, happée, dissoute par la faim et la soif, dans les affres de la folie auto-destructrice. Et l'endroit est connu aujourd'hui sous le nom de Port-Famine.

 

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Touriste du XXI° siècle, petit homme amolli dans ton confort, toi qui viens en curieux passer en revue ces lieux du haut d'un douzième pont de quelque gros navire de croisière, prend bien garde de ne pas leur manquer de respect ouvertement, de ne pas les narguer avec l'insolence de la bêtise :

 

Rappelle-toi qu'ici les eaux sont profondes et glaciales, que les rochers sous-marins coupent comme des rasoirs, que nulle plage ne te servira de havre, et que tu navigues sur un interminable cimetière  de bateaux engloutis...

 

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Qu'habitent les âmes errantes des marins perdus en mer... 

 

 

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Et encore, les images ci-dessus ont été prises au début d'un mois de février, donc de l'été austral....Que dire alors de l'hiver en Patagonie ?  Ce voyage vers l' hiver du bout du monde, l'atelier Fol'Fer vous l'offre, avec la publication d'un roman-récit, où la réalité affleure toujours sous la fiction, et où la fiction est si vraisemblable qu'on la perçoit comme une réalité....le titre est tout un programme, annonçant si j'ose dire, la couleur:

 

"UN HIVER EN PATAGONIE". Sous la signature d'un écrivain-baroudeur...à moins que ce ne soit un Baroudeur-écrivain :  Hervé Haon. voyez  son visage en 4° de couverture, et vous comprendrez qu'il ne s'agit pas d'un Intello-Bobo...

 

 

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        Ne vous attendez donc pas à un itinéraire sentimental. Je vous laisse aussi la surprise d'un gros détour par ...l'AFRIQUE, et par d'autres contrées d'Amérique du Sud. Un récit haletant, tonique, plein de sueur et de tension.

Avec ça, de fulgurantes " échappées " vers des considérations très actuelles sur la tyrannie contemporaine, faite d'asservissement des esprits amollis, par le relais de "modes" débilitantes . Au passage, " l'art contemporain" prend quelques claques retentissantes, qui sont plutôt des uppercuts ! JUBILATOIRE !!!  De quoi remplir votre esprit d'un grand coup de vent du large... Pour un " Eté en Force ", pour parler comme Robert Randau, le Père de l'Algérianisme ( qui parlait de " Journées en force ").

 

Une prochaine fois, nous poursuivrons notre "promenade" en Patagonie en nous rendant dans ma bibliothèque...

 

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 17:04

CITATIONS 3 ( «  écrits de la liberté » : suite et fin )

 

 

CITATIONS DE JEAN RASPAIL

Suite à celles de JEAN BRUNE

 

 

Le lien entre les deux auteurs n’est pas celui du mode d’expression littéraire. Jean Brune écrivait pour instruire et convaincre : il a raconté, expliqué, démontré par le réel ; il a aussi apostrophé, et même « prophétisé ».Ses écrits ont été son combat. Il a pour cela beaucoup utilisé «  l’essai ».

 

Jean Raspail, lui,  a fait œuvre de romancier.  Et par la forme du roman, souvent allégorique, il nous a entraînés à la poursuite de l’imaginaire à partir de situations bien de notre temps. Il  nous a fait rêver, pas pour nous faire oublier les menaces qui nous pèsent sur nous : mais bien, en leur passant par-dessus, pour nous fortifier dans le bienfondé d’un combat qui nous est imposé, et qu’on ne peut ni ne doit refuser.

 

Reprenant la phrase de Roger Caillois, Jean Raspail a écrit que «  LE RÊVE EST UN FACTEUR DE LEGITIMITE ». Et cette affirmation, il  l’a transplantée dans ses romans, tels «  Le Jeu du Roi » et « Les Royaumes de Borée ».

 

On voit beaucoup le mot  « Roi » dans l’œuvre de Raspail. A commencer par ses titres, car il y a aussi « Le Roi au-delà de la mer », «  Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie », «  En canot sur les chemins d’eau du roi », sans oublier... « Sire ».

 

On voit de suite dans quel esprit écrit Jean Raspail, et c’est dans cet esprit qu’il y a des convergences, ou plutôt des résonances magnétiques qui relient les deux auteurs. Mais là où Brune laboure le sol en profondeur, Raspail accroche sa charrue aux étoiles. Et cet « Ordre » médiéval que Brune a pensé retrouver dans l’engagement des «  officiers perdus », en rupture de ban avec les ambitieux et les repus, Raspail le restitue dans des actions qui, sous la trame de l’imaginaire, un imaginaire qui va jusqu’à confiner au fantastique, sont elles aussi des actions du REFUS.

 

Refus d’un monde concentrationnaire de « petits hommes gris », refus d’une lèpre morale qui transforme les êtres en zombies au service d’un Pouvoir invisible, diffus  et totalitaire.

 

Ce refus, ses personnages l’assument en ne restant pas en place, passifs face à l’inévitable réduction en esclavage. Ils le marquent en « disparaissant », soit pour constituer des « isolats » de survie

( lire absolument, toujours sous la plume de Jean Raspail, les 28 pages de la préface titrée «  Big Other », de la dernière édition, de 2011, du «  CAMP DES SAINTS » ), soit pour embarquer dans le dernier train en partance vers un Nord mythique ( « SEPTENTRION ) dans lequel ils disparaitront, libres, ou bien dans une fresque chevaleresque où se mêlent intimement passé aristocratique et présent subversif surgi des guerres « coloniales » ( «  SEPT CAVALIERS »)…mais, gare à la « chute » du livre : n’en lire sous aucun prétexte la fin avant d’y parvenir page par page : choc garanti ! , ou enfin dans des conseils donnés tout au long d’un roman-monologue s’adressant à un jeune souverain…qui n’existe pas, et qui le sait, en lui recommandant la voie…royale du Pouvoir de l’Absence ( «  LE ROI AU-DELA DE LA MER » ).

 

                               *              *              *

 

«  Ils ont quitté la ville juste à temps, avant que l’invasion sournoise venue du sud, et dont ils ont été les seuls à percevoir la nature, ne recouvre la cité de son uniformité grise. Trente cinq compagnons de hasard qu’un même instinct a réunis dans cet antique train jaune et or, superbe relique d’une époque glorieuse de l’histoire du Septentrion…

 

« Ils roulent vers le nord, à travers forêts et steppes. A travers l’espace et le temps qui s’étirent.

 

« Un jour, ils comprennent qu’ils sont poursuivis. Qui les poursuit ? Et pourquoi ? Jusqu’à quand brillera au-dessus d’eux l’étoile qui semble les protéger ? Echappe-t-on à la multitude anonyme vêtue de gris ?... »  ( «  SEPTENTRION »).

 

                               *              *              *

 

«  Sept cavaliers  quittèrent la Ville au crépuscule, face au soleil couchant, par la porte de l’Ouest qui n’était plus gardée. Tête haute, sans se cacher, au contraire de tous ceux qui avaient abandonné la Ville, car ils ne fuyaient pas, ils ne trahissaient rien, espéraient moins encore, et se gardaient d’imaginer. Ainsi étaient-ils armés, le cœur et l’âme désencombrés scintillant froidement comme du cristal, pour le voyage qui les attendait » ( «  SEPT CAVALIERS »)..

 

Cette image de la sortie héroïque est confirmée par un passage du

 

«  ROI AU-DELA DE LA MER » :

 

«  Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n’assiège plus parce que la vie s’en est allée ».

 

A RAPPROCHER DE JEAN BRUNE ( dans «  Interdit aux chiens et aux français » :

 

«  Les peuples qui construisent des fortifications sont des peuples qui ont peur de la guerre. Ils pensent la contenir derrière les murs, comme si des pierres entassées pouvaient quelque chose contre un état d’esprit. Derrière leurs murs ils s’amollissent, et le jour où la guerre frappe, les murs s’écroulent, découvrant des proies offertes ».

 

 

Et JEAN BRUNE, l’auteur du «  JOURNAL D’EXIL »  aurait sans doute beaucoup aimé ce passage du «  ROI AU-DELA DE LA MER » de JEAN RASPAIL, dans lequel l’auteur dit au jeune prétendant –imaginaire- au trône de France :

 

« IL VOUS FAUT CHOISIR L’EXIL. Car votre royaume est double. Il y a le royaume visible, un peuple et un territoire…Vous n’en serez sans doute jamais le roi. Et il y a le royaume invisible, qui est un élan de l’âme. Celui-là est le fondement de l’autre. Emportez-le avec vous en exil.

 

« L’EXIL EST UNE ATTITUDE…  Vous voici donc sur le chemin de l‘exil. VOUS NE VOUS CACHEZ PAS. VOUS AVEZ SEULEMENT COUPE LES PONTS »   

 

C’est moi qui souligne : « une attitude »,  «  Couper les ponts », signes du refus de la bassesse d’âme qui est le marqueur du totalitarisme contemporain ; je pense qu’on trouve là la clef qui ouvre sur le lien mystérieux entre JEAN BRUNE et JEAN RASPAIL, rappelant au passage l’étrange rapprochement de dates entre la mort de JEAN BRUNE et la parution initiale du « Camp des Saints » de JEAN RASPAIL, au cours de la même année : 1973.

 

 

                               *     *     *     *     *

 

Pour terminer toutefois sur une citation, voici, un autre extrait du  «  SEPTENTRION » de Raspail, diagnostic implacable livré par un passager du train – un Journaliste (Un clin d’œil à Brune voulu par la Providence ? ) :

 

« Je suis journaliste, j’oublie moins vite que d’autres.

 

« Au temps de ma jeunesse, tant de pays, sur divers continents, s’étaient enfoncés de cette façon dans la nuit aveuglante des systèmes régénérateurs, chacun y devenant à la fois dictateur et esclave, double nature de l’homme nouveau…

 On avait vu des nations vêtues de noir s’amputer, pour aller plus vite, d’un tiers de leur population, membre pourri et sacrifié au sauvetage du corps pur.

D’autres pays procédaient différemment, sous des drapeaux et des idéologies d’apparence quelquefois contraire, mais avec une seule méthode éprouvée : autopersuasion par contagion .

Tels étaient le poids et la force de l’irradiant cerveau collectif qu’il devenait humainement impossible de penser

autrement ».

 

 

                        *                      *                      *

 

 

Il est temps pour moi de clore ce triple chapitre consacré à Jean Brune et à Jean Raspail. Il faut que je me hâte : le Train va partir…

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 17:31

CITATIONS 2

RAPPEL : l’œuvre littéraire de Jean Brune se situe à la charnière des années cinquante et soixante, dans un contexte dramatique en Algérie, sa terre natale, environné par une situation internationale plus que tendue entre les «  deux Blocs », tandis qu’un «Tiers Monde» émerge dans la confusion et la douleur.

 

JEAN BRUNE : « INTERDIT AUX CHIENS ET AUX FRANÇAIS »

 

 

Les citations qui suivent sont tirées  du chapitre «  les mots en croix », sur lequel repose tout l’édifice de cet ouvrage, qui n’est pas un roman mais un « essai », paru en 1967, qui clôture les écrits de Jean Brune axés sur la tragédie algérienne, mais qui constitue un ensemble qu’on pourrait qualifier de « tryptique », avec, d’une part, la pièce de théâtre inachevée, «  Les Mutins », que Brune, dans un moment de « renoncement » aurait même voulu voir détruite ( il en avait, heureusement pour nous, déjà confié le manuscrit à ses grands amis Sapin-Lignières ) et qui sera édité bien plus tard par les éditions Atlantis, nous donnant ainsi accès à cette œuvre forte, d’une très grande puissance dramatique. D’autre part, « Interdit… » est à rapprocher également, notamment de par son chapitre sur « les mots en croix » du copieux reportage effectué par Brune au Viet-Nam, aux côtés des troupes US, en décembre 1966 et janvier 1967, pour le compte de «  Spectacle du Monde/Valeurs actuelles », paru sous le titre : « Viet-Nam, bataille pour l’Asie ».

 

Analysant les conflits extérieurs comme étant manipulés par le Communisme international ayant «  extrapolé la lutte des classes à l’intérieur des vieilles nations, en lutte des races à l’échelle du monde », Brune dissèque d’abord le processus méticuleusement suivi par les révolutionnaires :

 

« D’abord des prêcheurs isolés parcourent les provinces et font halte dans les villages. Ceux-là sont les apôtres des temps nouveaux…Ils traduisent la philosophie de la lutte des classes en termes de gardiens de chèvres et de tâcherons. Ils font l’inventaire des petites rancunes, des secrètes amertumes, des mécontentements anodins…que la vie quotidienne accumule sous tous les ciels, dans toutes les communautés humaines.

 

Puis, ils inscrivent ces menues misères au passif de la France, de l’ennemi. Dans chaque homme, ces experts font naître une victime. Ils sèment la Haine.

 

Surgissent alors de petits commandos de tueurs. Ceux-là s’en prennent aux cadres naturels de la société…faisant des hommes des orphelins sociaux, qu’il sera désormais plus facile de tromper…Du même coup, ils égorgent les sceptiques. Ils imposent ainsi l’idée d’une force occulte, omniprésente et implacable. Ils sèment la Peur.

…………………………………………………………………………

Enfin, ils impliquent les habitants des villages dans un délit, même mineur. Les hommes qui ont coupé les poteaux du téléphone imaginent que le sabotage est inscrit sur leur front…ils gagnent les maquis pour se sauver. Ils grossissent les bandes qui feront la peur plus précise …Les foules prennent conscience que l’autorité peut être bravée. Un ordre s’effrite, imperceptiblement. Un autre le remplace, qui applique des châtiments effrayants ».

 

Sont-ce là des images de cauchemar, surgies d’une guerre morte, qui ne viendraient hanter que les esprits avides de films d’horreur ?

Il y a toujours des jungles et des grottes quelque part, y compris dans les villes tentaculaires de notre temps. Le processus est à méditer, car lui, reste intact, intemporel.

 

Une fois enclenchée, cette bataille peut alors s’élargir, devenir globale, portée sur le terrain des mots, et des concepts que ceux-ci véhiculent.

 

« Partout on attaque, transgressant les lois qui sont le fruit de deux millénaires de civilisation ; mais partout on avance à l’abri de ces mêmes lois grâce à un subterfuge qui est la perversion des mots. Car le monde rouge a compris l’étrange pouvoir des mots paix, liberté, trêve, légitimité, fraternité, les mots-fétiches  de l’Occident, les mots gris-gris…

 

Mais de chacun de ces mots-amulettes, il a dessiné une réplique d’ombre : il fait la guerre au nom de la paix et baptise liberté l’esclavage… »

 

«  Cent mots altérés, et vacille tout un système de pensée !... Les notions les plus élémentaires deviennent équivoques. Les dogmes s’effritent sous les interprétations dialectiques…L’arme qu’attend l’Occident, c’est un dictionnaire pour les définitions ! »

 

Tout serait à citer, dans ce chapitre à la fois fait d’observation de terrain et d’analyse prophétique. Il garde toute sa portée un quart de siècle après la chute du Mur de Berlin, parce que, dans ce qu’on appelle toujours  «  Occident », et singulièrement en France, les fondations de ce mur sont toujours profondément incrustées dans maints esprits, et pas seulement dans les cerveaux de ceux qui se réfèrent encore ouvertement au communisme.

 

Mais, pour éviter l’écueil d’une approche « politicienne » des écrits de JEAN BRUNE, et rester au niveau de l’histoire de la pensée, il est conseillé de méditer la fin de son reportage – qui est bien plus qu’un simple «  reportage » sur la guerre du Viet-Nam, si mal engagée par les Américains, et qu’ils termineront si mal. Le titre du dernier chapitre est tout un programme : «   Le Choix offert aux hommes de notre temps ».*Son contenu est de haute volée, et je n’hésite pas à dire que pour moi, il constitue le « testament de Jean Brune », à la fois témoignage et passation de relais, destiné à ceux qui devront pendre la relève. J’en extrais ce passage :

 

«  Le cauchemar qui se lève en Asie apporte la révélation du danger infiniment plus effrayant qui menace la Civilisation : c’est la négation de l’intelligence et de la Culture, dans la récitation pluriquotidienne d’un Coran ramené à quelques versets élémentaires .

 

Il ne s’agit plus de l’amputation d’un territoire, qui laisse l’âme des hommes intacte ! Athènes vaincue par Sparte a pris sa revanche dans Platon. Il s’agit cette fois de l’ASSASSINAT D’UNE PENSEE, A L’INTERIEUR DE FRONTIERES INCHANGEES : on rase les esprits, comme autrefois les murailles, et il n’est plus de Platon possible. Et même les Phidias et les Homère passés, sont arrachés de la mémoire. Une civilisation sombre, avec ses phares éteints, et l’on efface jusqu’aux traces de son souvenir. Le danger qui menace le nouvel Empire Romain d’Occident, ce n’est pas seulement Rome occupée : c’est Socrate, Praxitèle et Ovide et Tacite, rayés de l’héritage commun ».

 

 

 

LA PROCHAINE MISE A JOUR SERA CONSACREE A DES CITATIONS TIREES D’OUVRAGES DE JEAN RASPAIL, PRESENTANT DE PROFONDES ANALOGIES AVEC LES ECRITS DE JEAN BRUNE SUR LES THEMES EVOQUES CI-DESSUS   

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 10:11

 

Des amis ayant assisté à la conférence que j’ai eu le plaisir de donner au cercle algérianiste d’Aix le 23 avril sur  JEAN BRUNE dans le cadre de la 1ère partie des «  Ecrits de la liberté », m’ayant demandé de communiquer quelques unes des citations que j’ai faites de ce grand Français d’Algérie, ainsi que de Jean Raspail, en fin d’exposé, je m’exécute bien volontiers.

 

 

JEAN BRUNE : «  Cette haine qui ressemble à l’amour » :

 

 

« Le colonel avait retrouvé Ben Driss en Indochine…En Afrique, Ben Driss était pour le colonel la preuve vivante que la France ne faisait pas la guerre à tout un peuple, tout entier dressé contre elle pour défendre une conception de la liberté politique et de la vie ».

………………………………………………………………………

«  Cette guerre, dit l’imam, est une catastrophe. Les jeunes s’y sont engagés à l’appel de Benallal, dont ils se moquent maintenant, parce qu’ils le jugent trop timoré…trop raisonnable. C’est qu’au fond Benallal était un Français qui ne se déchaînait en violences verbales contre la France que pour la contraindre à satisfaire son ambition…De l’enseignement de Benallal,(les jeunes générations) n’ont gardé que la haine contre la France ».

……………………………………………………………………….

«- Cependant, insista le colonel, n’est-il pas permis de penser que le marxisme faisant de la matière la fin de tout en ce monde, et l’Islam cherchant en Dieu la source de toutes choses, les deux philosophies sont inconciliables ?

- Non, dit l’imam, il n’y a pas d’erreur plus dangereuse…Parce que, loin d’être un obstacle dressé devant le communisme, l’Islam est une porte ouverte sur un couloir qui y mène tout droit !....

…En somme, le fatalisme musulman s’accorde parfaitement avec le déterminisme historique de la doctrine marxiste ! ».

……………………………………………………………………..

« - Quelle étrange idée, dit le colonel, ont trop d’hommes de ce pays, de ne pas comprendre que, défendant ici une certaine conception de la France, les soldats défendent aussi leurs fermes !

 

- Quelle étrange idée, répliqua Durrieu, ont trop de militaires qui imaginent que, défendant leurs fermes, les colons les gênent pour défendre la France ! »

……………………………………………………………………..

« Leur vérité, c’était le souci d’assurer la prospérité des fermes, non pas tellement pour le profit matériel qu’ils en retiraient, mais parce qu’ils s’étaient identifiés à leurs terres…Ils avaient conscience d’avoir fondé quelque chose avec de la sueur et du sang. Et voici que maintenant, ils identifiaient les champs à leur propre chair et à leur propre sang ».

 

 

JEAN BRUNE : «  JOURNAL D’EXIL »

 

 

«  Le tiers monde construira sans aucun doute de ses mains nues un ordre nouveau. A un moment donné, il a dépendu de la France que cet ordre ne soit pas l’ennemi de l’Occident. La chance a été gâchée. Nul ne peut dire ce que sera l’avenir, mais l’expérience historique appelle à se souvenir que les grands bouleversements…ont toujours été le fait de foules, parfois misérables, embrasées par une ferveur…Prenons garde que les foules sans chaussures du tiers monde ne campent pas un jour dans les plaines d’Europe comme les sans-culottes de Bonaparte ont campé dans la plaine du Po, et finalement s’y sont habillés, comme le raconte Stendhal »

 

( à noter que ce passage du livre de Brune a été écrit en date du 12 novembre 1962, 11 ans avant la parution-choc du «  Camp des Saints » de Jean Raspail » ) 

 

 

 

 

JEAN BRUNE : «  INTERDIT AUX CHIENS ET AUX FRANÇAIS »

 

 

Le sens du combat des troupes d’élite :

 

« Ils se battaient pour un certain goût de l’effort qui, peu à peu, décape la pensée de ses boues, la laisse plus nette et plus pure, ramenée à l’essentiel, qui est toujours simple. Ils se battaient parce qu’ils avaient choisi de se fondre dans un grand corps aux réflexes collectifs, noués dans la somme des renoncements individuels, et que par ce chemin ils atteignaient à une hautaine dimension de la liberté…Ils se battaient aussi pour une notion de la communauté occidentale et pour les valeurs sur lesquelles elle se fondait. Mais…ils pressentaient que cette bataille pourrait les amener un  jour à un conflit avec les commandements formels de la discipline.  Accoutumés à épuiser ce qu’il y a de grandeur dans l’obéissance, ils refusaient la soumission comme une offense : et ils s’interrogeaient sur les obscures frontières qui séparent l’obéissance et la soumission ».

 

Dans son texte, Jean Brune venait de citer  expressément Saint-Paul : «  Je suis lié , donc je suis libre ». Pour la grandeur de l’obéissance. Mais, devant le déshonneur de la soumission, Brune fait s’écrier ces hommes : « Nous ne permettrons plus ! ». Or, il y a un mot tiré du vocabulaire religieux pour cela, auquel a peut-être pensé Brune. C’est celui du «  Non Possumus ! ». 

 

Il y a dans l’exposé lapidaire et intensément dramatique de cette situation tout le thème fondamental de la pièce de théâtre inachevée de Brune :  «  LES MUTINS »  

 

 

 

La  SUITE de ces citations dans un prochain envoi….

 

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 12:15

 

 

ACTUALITE

 

Un trimestre de 2014 déjà dévoré, politiquement dévoré à belles dents ( ou à dents cariées, selon les résultats ), et la fête de Pâques , bien que tard dans le calendrier cette année, approche. Enfin, dire « la Fête » est déjà recouvrir d’un manteau ludique deux significations pas seulement différentes : antagonistes. Rien n’est plus délicat à manier, aujourd’hui, que le vocable «  fête » dans un monde en proie à la guerre des mots depuis plus d’un demi-siècle. Il n’est qu’à relire les passages significatifs de l’œuvre de Jean Brune.

 

De nos jours, dans notre pays, la faille séparant croyants et non croyants  est devenue un véritable abîme, dans une société sécularisée à outrance, en proie à une divinisation de concepts n’ayant rien à voir avec la transcendance, et même carrément en guerre avec elle. Et ces balises de l’année que sont les grandes fêtes  n’envoient plus les mêmes signaux  à tous ceux qui s’en approchent. En attendant qu’on les fasse disparaître de nos calendriers, pour tenter d’en effacer jusqu’au souvenir. Reviendra alors le temps des Catacombes.

 

En attendant, je vous souhaite à tous, amis lecteurs, une BONNE FÊTE de PÂQUES, avec à chacun son approche, spirituelle bien sûr – c’est sa raison d’être – mais aussi, dans la foulée, familiale, et même : solaire, tant il est vrai qu’il y a une Lumière de Pâques, même lorsque le ciel est gris.

 

 

PARADOXE

 

Parlons-en, du ciel gris. On voit tous ces reportages-« réalité » à la télé, qui font étalage de tous ces gens qui grognent et se lamentent, surtout au moment des vacances, lorsque la météo ne leur est guère favorable. Je n’échappe certes pas à cette réaction de « spleen », seulement une fois par an,  tout juste à cette période d’approche de Pâques – et c’est pourquoi j’en traite ici aujourd’hui – mais dans des conditions météo inverses – là est le paradoxe – et pour des raisons n’ayant rien à voir avec l’addiction à la seule détente lénifiante.

 

C’est que Pâques me ramène implacablement à Alger. Et je n’y peux rien. Avec une force dans l’impulsion qui varie…avec le climat. S’il ne fait pas très beau, si règne un sale petit temps de grisaille, je baisse la tête, je «  survis », et cela fait curieusement barrage à l’invasion des souvenirs : ma prison cotonneuse est moins insupportable parce que les incitations à m’évader s’effilochent à travers ce mur de brume. Mais, s’il fait beau, comme maintenant, si la lumière et le ciel de Provence dissolvent dans leur intensité le mur de l’exil, je suis rendu tout entier à  ma jeunesse, qui revient m’habiter, me posséder, et murmurer à on oreille : «  Sauve-toi d’ici ! Sauve-toi de maintenant ! »

Et je me retrouve aux matins de ma Ville, par exemple sur l’esplanade des Facultés, au milieu des copains et copines, passant pendant les vacances de Pâques prendre des bouquins de droit romain à la salle de travail pour aller bouquiner entre deux baignades au Club des Pins ; je me revois en moto – une 125 Peugeot poussive – avec Claude, mon copain de quartier, chemise ouverte au vent tiède des Bains romains, dans la griserie de la route vers La Madrague ou Staouéli ; je me revois, plus jeune encore, en vélo, faisant des sprints à 3 ou 4 du lycée Bugeaud, sur la Jetée Nord, entre le Rowing et les bains de l’ASPA… Et se taisent les cloches de St-Augustin, le jeudi saint, après la visite des églises, ( en nombre impair, Dieu sait pourquoi ! ) et sonnent les cloches durant la lumineuse nuit de Pâques, tandis que se découvrent les statues, voilées depuis le temps de la Passion. Montent dans mes narines les parfums de mouna chaude, de chocolat craquant, et les senteurs marines du vivier de Sidi-Ferruch…Pâques ! Joie de la Résurrection, et tout ressuscité avec le Christ !

 

C’est aussi le moment où « on se fait beau », où l’on sort le costume « Prince de Galles », acheté chez Romoli ou ailleurs, et où l’on peut croiser, rue Michelet, Jean Brune en blaser bleu, pantalon gris, chemise blanche, et énorme nœud papillon rouge…Et les filles ?...  Elles sont toutes «  Belles, belles, belles, comme le jour !!! »...Comme chantera plus tard Claude François. Mais nous, on a déjà pu juger sur pièce….

 

Un crissement de pneus. Un juron.  Il faisait trop beau ici, et mon paradoxe a failli m’envoyer à Saint-Eugène. Pardon, à ce cimetière provençal le long duquel passe l’autoroute A7.

 

Je me réveille en sursaut. C’était encore un de ces rêves, dont je ne pourrai jamais me résoudre à dire que ce sont des cauchemars, dès lors qu’ils m’ont fait m’évader. Il fait encore beau aujourd’hui : la prison de l’exil sera donc encore insupportable, suffisamment pour me libérer en me faisant voyager dans l’espace et le temps, sur les ailes de la nuit.

 

Au fait, rappelons la signification du mot « Pâques » :  C’est un Passage !

 

Alors, je le prends au mot, ce mot, et …J’EMBARQUE !..

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 08:52

L'appareil photos qui m'a été offert pour mes 25 ans poursuit son grand voyage, cette fois en 1962

 

 

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       Retour à Alger ( de Blida, les "perms", officielles et "fausses", sont plus aisée vers Alger. le Parc de    Galland...
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                                            Beauté architecturale : l' Algeria, le Lafayette
  
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                        Du côté du bd St-Saëns et du Telemly, un des bastions de la Résistance....
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                 Avril 62, la Tragédie de mars ne semble pas affecter les habitués du square Bresson
  
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          Le lieu du massacre reste en état de choc quartier quasi désert en plein milieu de la journée
  
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                       Sur la Grande Poste flotte encore le drapeau français. Il pourrait n'être que
                                rouge si on l'avait trempé dans le sang versé au bas de l'édifice.
  
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                                    Ultime vue de la rue d'Isly, à quelques jours de la fin.
 
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       Consolation poétique, ou torture supplémentaire ? la Nature semble rester indifférente , dans son insupportable beauté, sur les hauteurs de la Bouzaréa, sous les palmiers d'Aïn-Taya, et dans la vision enchanteresse de la Ville Blanche, depuis Alger-plage...
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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 17:48

 

Amis lecteurs, ne vous méprenez pas !

 

Maltalger ne vous oublie pas, et a même beaucoup de choses à vous dire !

 

Maltalger n'est même pas en panne : tout au plus, l'équipe d'amis qui l'anime a eu à mener à bien par ailleurs des tâches urgentes.

 

mais, nous espérons bien compenser ça, dès que possible.

 

Merci de votre fidélité  et de votre compréhension ! 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 09:28

 

L'appareil photos qui m'a été offert pour mes 25 ans poursuit son grand voyage, cette fois aux côtés du jeune militaire que je suis devenu.

 

 

 Depuis la caserne d'artillerie de Miliana, la vue porte jusque sur l'Ouarsenis
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Route de Miliana à Affreville: une préfiguration de ce que je découvrirai à Delphes en 64
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Tel un coin de haute Durance, la "Pointe des blagueurs", à Miliana
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Mes parents sont venus passer quelques heures avec moi à Miliana, repartant juste avant la fermeture des routes, dangereuses à hauteur du col du kandek.
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La côte 832, dans le Zaccar, un site que je  "reverrai" en 71, à Mycènes
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Flamboyant coucher de soleil sur l' Ouarsenis
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Patrouille bucolique au milieu des amandiers en fleurs. Dieu, que le Zaccar est beau, en février
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L'Atlas blidéen, en hiver, vu de la Mitidja, lors d'un retour en voiture à Miliana
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Depuis le piton des Glacières, près de Chréa, coucher de soleil élégiaque sur le Chenoua. Que la mer me semble loin, là-bas, déjà dans la nuit, du côté de Tipasa !
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 19:53

  ALGER & REGION : SOUVENIRS DE 60 A 62

 

En fin juin 60, mes parents m'ont offert un appareil de photo permettant de faire des diapositives: progrès capital ! voilà qui marquait mon 25° anniversaire, mais était destiné à m'équiper pour un extraordinaire et providentiel voyage de croisière prévu pour la 2° quinzaine de juillet : un tour de Méditerranée et de Mer Noire, sur le beau paquebot   "Jean Mermoz", affecté régulièrement à la ligne de Marseille aux grands ports d'Afrique Noire ( expression qui était alors employée sans la moindre signification désobligeante ), en passant par Alger, Casa, etc...Il faut dire qu'une cascade de causes avait fait que je devais représenter les étudiants en droit de France, aux côtés de 2 ou 3 collègues issus des facs de Médecine, tous s'étant vus octroyer un  passage gratuit, pour cette croisière alors hors normes. J'en garde encore un souvenir fabuleux. Peut-être, si ça intéresse, je l'évoquerai plus longuement lors d'une mise à jour ultérieure.
 
De retour, à Alger, j'attendis impatiemment que le Mermoz reprenne  son parcours habituel, après y avoir vécu durant 2 semaines pleines...Et, lorsque le journal annonça son arrivée prochaine, vers 6 h 6 h 30 du matin, le  jour dit, avec mon père, on se rendit au port, et même jusqu'au bout de la jetée de l'avant-port, après la passe... Parallèlement, avec cet appareil de photo, l'élan était donné. Il faut dire que les diapos étaient une véritable révolution technologique. A mon sens, elles restent d'ailleurs insurpassées sur le plan de la qualité esthétique. Notamment les célèbres et regrettées pellicules Kodachrome 2...  C'est avec cet appareil qu'ont été prises les photos faisant l'objet de cette mise à jour.
Première partie :
Prises en 1960 ( à partir de septembre )
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Fin été 60, sur le prolongement de la jetée, pour voir entrer le Mermoz
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L'entrée majestueuse du Mermoz, et la splendeur d'Alger au matin
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Dans l'après-midi, le Mermoz, vu de NDd'Afrique, vogue au large de St-Eugène, en direction de Casablanca004
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Panorama somptueux du Balcon de St-Raphaël
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Des paysages de Provence ? Non, la route de Chéragas à Staouëli, et le domaine de la Trappe
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010011Des collines toscanes ? Non, le sahel, près d'Ouled-Fayet

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La rentrée de la récolte à la cave coopérative d'Ouled-Fayet, dans la bonne humeur
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Aussi bleue que le Bosphore, la mer à Bou-Haroun et Chiffalo

 

  Deuxième partie à paraître : Photos de l'année 1961






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