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Lettre de Jean-Marc JUANEDA , professeur de Français, à l'auteur, son cousin

 

 

J'ai terminé L'homme de Malte. C'est vraiment 

un très beau texte, abouti, avec une cohérence et une unité très 

fortes de la première à la dernière page, où j'ai l'impression que tu 

joues sans cesse à l'équilibriste pour tenir ton objectif en ligne de 

mire et ne jamais succomber aux pièges comme aux tentations multiples 

d'en dire plus, de "trop" en dire ou d'aller plus loin et ailleurs. 

 

Tu restes au carrefour de plusieurs genres et même de plusieurs 

tonalités, et cette quête d'identité qui demeure singulière n'en est 

pas moins protéiforme, à ton image, complexe, divers, mais qui ne 

fait qu'un depuis toute éternité.

 

Depuis cette racine première. Cet olivier dont parle Claudel à propos de l'Odyssée :

"On parle d'un  marin qui jette l'ancre, dit le poète, et moi, je vois ici un être 

vivant qui est capable de m'enraciner pour à jamais avec lui à ce 

coin de propriété. De quelle intensité il est attaché à ce qu'il aime 

et quelle éloquence de ce feuillage d'argent dans la lumière à parler  

de ses racines ! Arbre sacré, enfant de Zeus, médiateur entre la 

substance et l'azur, ah ! je le sens ! (...) Et pourtant, dit Homère, 

moi, l'éternel vagabond, je sais qu'il y a un retour possible, un 

vrai retour, l'aventure immense du vrai retour à réussir. Il y a là-

bas, pour moi, quelque part, profondément enracinés en un lieu 

irremplaçable, est-ce une femme ? est-ce un olivier ? une source 

d'huile, le secret sacramentel, l'exclusion du monde entier au profit 

de ceci que j'ai enfin réussi à récupérer entre mes bras. Errant, 

persistante, lequel a le plus de peine à rejoindre l'autre ? O 

patrie ! ce n'était rien pour moi de t'étreindre avant que de t'avoir 

méritée !"

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