Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 18:37

Profitant d'un retour de connexion, et donc simplement pour vous dire, amis lecteurs, que je suis toujours là, je vous livre une recension très chaleureuse de mes " BAL(L)ADES MALTAISES " parue sous la signature Ô combien avisée d'une personne qui a une particulière connaissance de l'âme maltaise. Cette recension figure dans le numéro de la "Revue algérianiste"  de décembre 2016.

 Pour les personnes qui seraient intéressées, 2 possibilités s'offrent : qoit commander l'ouvrage chez l'éditeur : Atelier Fol' fer, 147 rue Bel Air, 28260 La Chaussée d'Ivry; tél : 06.74.68.24.40, 22€ + frais d'envoi; soit, pour celles qui sont dans ma région et ont l'occasion de me rencontrer dans le cadre du cercle d'Aix, en me contactant, par mail ou téléphone.

J'espère pouvoir reprendre le cours normal de maltalger dans un délai raisonnable, SFR m'ayant promis un changement de box...Je rappelle qu'il y a l'étude portant sur la faculté de droit d'Alger à terminer, et d'autres sujets à évoquer....Mais, bon , n'anticipons pas trop !!! de peur que " ça porte malheur", comme disait ma grand-mère. 

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 23:07

Il y a eu un bug qui a affecté la diffusion de ma mise à jour " BAL(L)ADES MALTAISES".

J'ai pu enfin en trouver la raison : j'avais primitivement inséré dans mon message, utre le texte de Maltalger, les images de la couverture ET de la 4 ème de couverture du livre. Or, la taille de ces images est trop importante, et l'envoi s'est bloqué.

j'ai donc supprimé la publication de la 4 ème de couverture, ne laissant que la couverture avec le texte du message: et c'est bien parti !

 

Je peux donc maintenant diffuser la 4 ème de couverture...Du moins, je l'espère !

Voir les commentaires

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 21:39
BAL(L)ADES MALTAISES

MALTALGER se devait de signaler la parution de ces BAL(L)ADES MALTAISES, qui sont la rencontre entre un homme déraciné, l'Auteur, et la terre de ses ancêtres, il y a exactement un demi siècle de cela, rencontre renouvelée tant et tant de fois au cours de ces 50 années, dans un constant approfondissement des relations nouées avec un vrai Pays, une vraie Nation, un vrai Peuple.

Sous la forme de promenades improvisées ne laissant jamais le lecteur courir le risque de l'ennui, d'annotations prises sur le vif, de tableaux écrits qui pourraient être peints, de contacts-surprises ou de rencontres programmées, le récit, qui n'est pas plus un "journal de bord" qu'un guide touristique au sens commercial du terme, garde sa spécificité de conception et d'expression jusqu'au bilan final, qui laisse transparaître une émotion qui est sous-tendue par  une interrogation sur les évolutions de notre temps et sur leurs conséquences sur une terre aussi fragile que peut être le microcosme maltais, longtemps protégé par son insularité et son aspect de forteresse, émotion qui est celle aussi, pourquoi le taire? d'un voyageur dont le navire arrive dans les parages de la fin de son parcours, sans savoir quel sera son port, celui où il jettera définitivement l'ancre.

 

Ces "Bal(l)ades maltaises", qui nous viennent après " Chants pour Malte " et 

"l'Homme de Malte ", sont éditées par  l' ATELIER FOL' FER, 147 rue Bel Air - 28620 La Chaussée d'Ivry. Tél : 06.74.68.24.40. mail : " sb@atelier-folfer.com"

chez qui l'ouvrage peut être commandé. Prix : 22 € + port.

On pourra se recommander de Maltalger

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 14:23

La  Quête des Aïeux

 

Novembre qui approche incite à cette remontée dans le temps, qui est avant tout une remontée dans le cœur.

Moment propice pour évoquer la deuxième, mais non la moindre, partie de mon récent voyage à Malte.

 

Je savais depuis des lustres, lorsque mon père m’avait montré des documents de mariage de  ses parents, que mon arrière grand-père Dimech s’appelait Michel ( Michele –Mikélé - ou Michael, selon que les textes étaient établis en italien ou en anglais ), et son épouse, Antonia, Mifsud de son nom de jeune fille. Je savais que tous deux étaient décédés lors du mariage de mes grands-parents à Alger, en 1887. J’avais appris rapidement, par d’autres documents, que, lors du mariage à Alger du frère aîné de mon grand-père, Vincent Dimech, en 1884, si sa mère Antonia était décédée, son père, Michel, était vivant , et présent au mariage.

 

J’avais donc cru longtemps que le père, devenu veuf, avait émigré avec ses 3 fils  (Vincent, Laurent, et Joseph).

Et qu’il était décédé à Alger ou non loin de là, entre 1884 et 1887. Les récents progrès par informatisation des données d’état-civil relatives à l’Algérie m’ont fait comprendre que je me trompais.

 

 

303.JPG

Aussi, il ya tout juste 5 ans, en octobre 2008, me trouvant à Malte, je pus progresser de façon décisive dans mes recherches de l’arrière grand-père disparu :

J’obtins de la paroisse de St Publius de Floriana copie des actes de décès d‘ Antonia ( 1882 ), et de Michael ( 1885 ), mentionnant le jour et le lieu d’inhumation, au grand cimetière national de Malte, «  l’Addolorata ».

Ayant porté mes recherches sur la date approximative d’arrivée en Algérie de mon arrière grand-père, par consultation des registres d’embarquements au port de La Valette, aux archives nationales de Malte, je réussis à trouver trace de son passage, à quelques semaines à peine du mariage de son fils Vincent à Alger. Le mystère de sa présence à Alger au cours de l’été 1884 était enfin résolu. Il était venu spécialement pour assister au mariage de son fils, revoyant ainsi ses autres fils, non encore mariés. Et il était retourné à Floriana, pour y mourir, moins d’un an après.

 

Ces recherches m’avaient quand même pris beaucoup de temps, et je ne pus alors exploiter les actes de décès.

Depuis, je suis retourné à Malte en 2011, mais en plein été, et pour quelques jours, avec ma fille, mes petits-enfants, et un cousin, lequel découvrait Malte…Ce n’était vraiment pas le moment d’aller au cimetière…

 

C’est donc cette année  que j’ai décidé d’effectuer coûte que coûte cette remontée dans le temps.

Muni d’une copie des actes de décès de mes arrière grands parents, je me suis donc rendu au cimetière de l’Addolorata, de loin le principal cimetière de Malte.

002

Au bureau de l’administration qui se trouve à l’entrée, lorsque j’ai indiqué la date de décès des personnes que je recherchais – 1882 et 1885, ils ont d’abord sursauté. Mais cette surprise s’est instantanément changée en émotion…Voilà qu’un Français baragouinant un mauvais anglais, mais au patronyme maltais, débarquait à la recherche d’arrières grands-parents morts il y a 130 ans !!! Le préposé alla ouvrir une grande armoire, remplie de registres reliés en noir, de dimensions impressionnantes, en sortit 2, fouilla un moment, actes en mains, et trouva ce que je cherchais. Il mit alors ces archives à ma disposition pour que je les photographie, dans des conditions pas très  confortables certes, mais suffisantes.  Evidemment, il y avait eu depuis nécessité de « réduction » et de regroupement des restes des époux Dimech, ensevelis toutefois, non dans un casier, mais sous une pierre tombale, sans nom mais répertoriée de façon très précise par un code ( «  A – 6 »  ), qui en même temps indiquait le lieu dans ce vaste cimetière, couvrant tout une colline…

 

005Et c’est ainsi que, complètement abasourdi par ce qui était en train  de se passer, par cette remontée dans les allées en pente raide, au milieu de ces tombeaux répercutant à l’infini des patronymes familiers, mais qui était  bien plus encore, une remontée dans le Temps, au-delà des tombes d’exil en France, au-delà des tombes abandonnées de Saint-Eugène à Alger, une ascension vers une Passé vieux de 131 et 128 ans – étrange coïncidence avec la durée de la défunte Algérie française – vers le lieu de repos éternel de ces arrière grands –parents, de cet arrière grand- père Dimech qui pour moi était en quelque sorte  «  LE DERNIER HOMME », le dernier Maltais à être né, à avoir vécu, à être mort et à être inhumé à Malte, réalisant soudain que s’il n’y avait pas eu cette folle aventure de l’émigration vers l’Algérie, là devant mes yeux, seraient aussi mes grands-parents et mes parents, et que là se trouverait naturellement ma place … 

 

Mais alors, s’empara aussi de moi la perception de la portée profonde de ma démarche, qui n’avait plus rien à voir avec une enquête généalogique, me faisant réaliser que ma présence devant cette pierre tombale sans nom mais identifiable et identifiée, avait un sens : j’étais LE PREMIER HOMME, le premier à revenir sur les lieux, après la parenthèse, refermée malgré nous, de l’’Algérie, et après ce qui ne restera que parenthèse, imposée, de la France. Et la conviction, l’acceptation, même, de ce fait inéluctable, que je serai sans doute le seul des miens à accomplir ce geste, n’en diminuait pas la portée, mais au contraire la haussait à l’inexprimable, en en faisant un accomplissement rituel, d’ordre sacrificiel, qui n’avait pas de précédent, et qui n’aurait pas’ de renouvellement.

008

Le bruit sourd qui se fit dans ma tête lorsque je me suis penché sur cette pierre tombale en murmurant l’annonce de ma présence, ce fut le bruit de la chaîne d’ancre que le navire fait plonger dans l’eau lorsqu’il rentre au port. Tout était accompli.

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 19:35

  Ce vingt-deuxième voyage à Malte depuis 1966 aura été marqué par une intense activité universitaire.

 

Dès mon arrivée, j’ai reçu la visite de Charles Xuereb, dont j’avais fait la connaissance il y a longtemps, et qui avait été averti de ma venue. Vice Président de l’Alliance Française de Malte-Méditerranée, il a également en charge une radio qui émet à partir de l’Université de Malte, spécialisée dans les questions d’histoire, et qui est très écoutée dans le monde universitaire maltais par les professeurs et chercheurs autant que par les étudiants.

 042.jpg

 

                         Entrée du campus universitaire de malte, côté Faculty of arts.
                  A noter : 0 graffitti. 0 détritus.

 

Charles Xuereb, qui m’a fait la surprise de venir avec en mains un exemplaire de mes « Chants pour Malte » ( publiés en 2002 ), m’a annoncé qu’il viendrait m’entendre durant le cours du professeur Richard Spiteri le 3 octobre, et surtout m’a proposé de me recevoir aussitôt après à sa radio, pour une interview. J’ai bien sûr accepté, pensant que je m’y exprimerai en français, comme dans le cours…disons de suite que la surprise fut de taille lorsque Charles me dit, une fois installés devant nos micros, que tout se passerait en anglais ! J’ai eu une sueur froide, et encore j’ignorais que cet entretien durerait 1 heure ! Il m’a donc fallu me jeter à l’eau – c’est le cas de le dire – et faire fi, non seulement de l’accent ( mais mon accent Pied-Noir, qui venait d’être reconnu sur le champ par le Directeur du département de Français de l’Université, le professeur Laurent Seychell, s’harmonisait avec les voix, et donc avec les oreilles maltaises ! ), mais, plus ennuyeux, avec la syntaxe… Enfin, ça ne s’est pas trop mal passé, apparemment…

 475

 

                                 Durant l'interview par Charles Xuereb, au studio d'enregistrement de l'Université

 

J’ignorais tout des questions, bien entendu. L’entretien, portant sur mon itinéraire, vu à travers «  l’Homme de Malte », tout était possible. Mais, à partir de ce vécu, Charles Xuereb en vint rapidement, par des questions au demeurant fort bien posées, et, je pense, dénuées de cette volonté insidieuse de déstabiliser et de nuire qu’ont les médias français lorsqu’il leur arrive de nous donner la parole, à des aspects à haute tension de notre histoire algérienne, telles les questions de la scolarisation, de la soi-disant « ségrégation », etc. Autre différence fondamentale avec les radios hexagonales, j’ai pu m’exprimer à loisir dans mes réponses. J’ai même pu évoquer, à la fin…le 26 Mars, et le qualifier de « Bloody Monday », par référence au « Bloody Sunday » de janvier 1972, à Derry, en Irlande occupée, dans un contexte historique certes différent, mais aux troublantes ressemblances conjoncturelles avec le massacre de la rue d’Isly ( des mesures gouvernementales répressives, une  marche de protestation, les manifestants pacifiques qui sont refoulés, le prétexte de tirs sur la troupe, qui n’ont jamais été établis, et l’ouverture du feu sur les gens… ).Ce rapprochement a paru faire mouche, dans un contexte où Malte prend ses distances avec la Grande Bretagne.

 

Donc, en filigrane ou sur le devant de la scène, l’Algérie, toujours l’Algérie, cette brûlure qui est en nous, inguérissable, comme la plaie d’Amfortas dans le «  Parsifal «  de Wagner.

 

Et toujours, non pour supprimer cette cicatrice, mais pour lui donner un sens, et la transcender, Malte. Malte comme une Rédemption. Les questions posées avec pertinence et finesse par Charles Xuereb, ont pu jeter un éclairage sur cet aspect fondamental de mon itinéraire, sur ma quête d’identité. Cette rencontre, non préparée car imprévue, fut un grand moment pour moi.

 

 

Elle avait été précédée de deux autres moments «  historiques » : celui où je fis la connaissance du professeur Tony Aquilina, responsable des traductions d’ouvrages français en maltais, qui me reçut dans son bureau sous, au mur, une photo de Camus format affiche ( on a bien sûr parlé de notre compatriote, et là, j’ai noté, sans trop de surprise, hélas , que si les « grands classiques » de notre compatriote étaient parfaitement connus, « le Premier Homme », lui, restait dans l’ombre…Il y a du travail à faire, et, puisque je me sens désormais de cette University of Malta, je vais m’y appliquer ! )   Le professeur Aquilina a désormais «  l’homme de Malte » entre les mains…Je croise les doigts pour le voir réapparaître un jour dans sa version maltaise.

 455

            Dans le jardin de mon hôtel, travail sur le texte que je dois prononcer le lendemain 

 

Le grand moment restait bien sûr mon intervention durant le cours du professeur Richard Spîteri ( sur le roman contemporain ), donné en français aux étudiants ayant choisi la langue et la culture française. Je disposais d’une demie heure pour parler de la genèse et du sens de « l’ homme de Malte ».

 465

  Avant d'entrer en salle, dernière concentration, sur le campus ( avec des étudiants, sages comme des images )

 

M’ont fait l’honneur de venir m’entendre, aux côtés de Richard Spiteri, et assis avec les étudiants, en toute simplicité, le Professeur Henry Frendo, « grand manitou » de cette Université, et en tous cas, de cette Faculty of Arts ( qui est un condensé d’une Fac de Lettres , et de Sciences po ), et Charles Xuereb ( venu sans doute y puiser certaines des questions qu’il me poserait juste après ! ), ainsi qu’une dame, professeur de pédagogie.

 469

                                                Pendant mon exposé. A mes côtés, le professeur Richard Spiteri

 

Je dois à cet égard exprimer mes plus vifs remerciements à mon ami le professeur Richard Spiteri, qui a été le « Deus ex machina » de tous mes contacts universitaires au cours de ce séjour, comme il m’avait déjà mis en contact avec la responsable des acquisitions de la Bibliothèque Nationale de Malte, devenue depuis une amie, Mme Carmen Muscat. Et Richard reste bien entendu mon représentant pour tout le suivi de ces contacts, maintenant que j’ai du quitter mon île.

 

Prochainement, d’autres aspects de ce voyage hors normes.

Partager cet article
Repost0
7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 14:15

 

220px-070 Tbilissi Place de la liberté La statue de saint

Par Saint-Georges !

 

En ce jour où la Tradition, n’ayant que faire des « mises au placard du calendrier » post-      conciliaires, continue à célébrer la Saint Georges, saint protecteur des Cavaliers, toujours en honneur aux Armées, un concert exceptionnel a été donné en la cathédrale Saint-Louis des Invalides.

 

 

 

800px-Paris - Cathédrale Saint Louis des Invalides - 101

 

Consacrée à un récital lyrique à base d’extraits d’opéras français et italiens, cette soirée a débuté, à la surprise des non-avertis, par l’exécution de notre guerrière  « Marseillaise », suivie – et je pense qu’il s’est agi là d’une « première » - par un chant d’allure religieuse, que l’assistance, à l’instar de ce qui venait de se passer pour notre hymne national, écouta debout : et pour cause, c’était l’hymne national de Malte qui résonnait sous les augustes voutes de Saint-Louis !

 

Certes, c’était un artiste maltais que la foule qui se pressait dans le vaste édifice était venue entendre – on peut même dire sans grand risque de se tromper que le  ténor Joseph Calleja est le maltais le plus connu au monde ! – mais, de là à nous faire entendre les 2 hymnes nationaux, joués par l’orchestre de la Garde républicaine et chantés par Joseph Calleja !!!...

JMuscat

Eh bien là était la surprise : au 1er rang de l’assistance, accueillis notamment par l’Ambassadeur de Malte à Paris, se trouvaient le Premier Ministre de Malte, récemment élu, Joseph Muscat, entouré de plusieurs de ses ministres !!!

  Et ma pensée s’envola alors vers Malte, plus précisément vers Gozo, au cœur de la capitale de l’île-sœur, à qui on a donné le nom de « Victoria » en 1897, mais que ses habitants appellent Rabat. La grande paroisse de Rabat s’étend autour de sa superbe église-basilique Saint Georges, saint Patron de Gozo…Là, à mon sens, se trouve l’âme

Profonde de l’île, plus encore que dans la cathédrale qui est perchée en haut de la citadelle qui domine Rabat-Victoria.  

   Josph Muscat


 

OPERA : l’éternel Retour

 

Depuis combien d’années ne m’étais-je pas retrouvé ainsi, recroquevillé sur mon siège par l’émotion haletante, retenant ma respiration, guettant les premiers sons d’une voix vivante, et non sortie d’un appareil ? Cela ne remontait-il pas à l’ultime récital donné salle Pleyel, par Mario del Monaco, un certain 29 septembre 1973 ? Vertige….(  Etrange, ce flot d’ évènements autour de moi, entre septembre et décembre 1973 ! le dernier concert à Paris de Mario del Monaco, mon idole, qui prendra sa retraite aussitôt après ; la disparition de Jean Brune à Nouméa, qui va me laisser anéanti; la première réunion du cercle algérianiste à Paris, début d’une longue marche jusqu’à aujourd’hui ; puis, en novembre-décembre : ma soutenance de thèse de Droit, à Paris, sur le thème de Malte, suivie du décès de mon oncle Georges Dimech, en Provence, mon seul lien vivant avec Malte ) …

 

CIMG1258

                                              Pendant le concert: " standing ovation" pour Joseph Calleja

 

 En plus, avec ce concert aux Invalides, Joseph Calleja venait prendre la suite de quelques ténors, stars internationales, qu’il m’avait été donné le bonheur indicible de voir et d’entendre sur scène :  Giuseppe di Stefano, dans «  Faust » à l’Opéra de Paris, le  mercredi 8 septembre 1954, lors de ma découverte de la Capitale, pour une semaine de vacances !  Et, toujours à Paris,  après l’Algérie,  Franco Corelli  dans « Don Carlo », en 1964, Luciano Pavarotti,  dans « la Bohème », en1974, et, de nombreuses fois, Placido Domingo…sans omettre bien sûr John Vickers, dans « Parsifal » en 1976, et dans « Otello », en 1977…Enfin, à la Scala de Milan, Carlo Bergonzi , en 1965, dans «  Aïda »  …Et, pour revenir à Mario del Monaco, je l’avais entendu une première fois, le 21 juin 1963, en concert au Théâtre des Champs Elysées ...  

 

Que de souvenirs ! il faudra que j’en parle, un jour, dans ce blog…Mais, je crois pouvoir dire d’ores et déjà que le monde magique de l’Opéra est LE SEUL domaine qui ne m’ait pas fait percevoir la France, et en particulier Paris, comme constituant une négation de mon Algérie, mais bien comme en en étant la continuation. En somme, d’un Opéra l’autre… 

 

CIMG1270 - Copie

Revenons au concert de Joseph Calleja : d’une stature impressionnante, servi en outre par une diction parfaite, sensible notamment à nos oreilles dans le répertoire français interprété ce soir-là : cavatine de Roméo, dans le « Roméo et Juliette » de Gounod ;  le célèbre « Pourquoi me réveiller ? », dans le « Werther » de Massenet ; et le sarcastique « Il était une fois … » dans « les Contes d’Hoffmann » d’ Offenbach,  Joseph Calleja bénéficie d’un registre vocal étendu et d’une grande égalité de timbre, alliant puissance et musicalité. Sa voix généreuse et totalement maîtrisée lui a permis de briller, outre dans les airs ci-dessus évoqués, dans une élégant Verdi, tiré du « Bal Masqué », et de soulever l’enthousiasme dans les deux airs de « La Tosca «  de Puccini, le deuxième ayant été bissé. Le public en redemandait encore, mais, très sage, notre ténor se limita à ce « bis ». Il avait aussi une autre raison à cela : son récital était fini, mais pas la soirée…


  Après le concert : Joseph Calleja. Un colosse !
 

Et Malte eut le dernier mot…

 

Les concerts donnés aux Invalides sont en général suivis d’une réception en l’honneur des Artistes qui viennent de se produire. En ce 23 avril 2013, non seulement il n’allait pas être dérogé à la règle, mais encore, cette réception allait prendre une dimension exceptionnelle, en raison de la présence du chef du gouvernement de Malte et de plusieurs de ses ministres, accompagnés de représentants de la société civile maltaise.

Les salons du Gouverneur des Invalides prirent alors une allure de Quai d’Orsay,  se trouvant d’ailleurs à portée de jets de …grenades lacrymogènes l’un de l’autre, image balistique toute d’actualité car, ce soir-là, durant la réception, se déroulait sur l’esplanade toute proche, et, encore plus près, le long du boulevard des Invalides, manifestants de « La Manif pour Tous » et autres « Veilleurs », face aux C.R.S. et autres policiers, dans un tintamarre indescriptible . Etrange fin de soirée donc, qui aurait pu avoir des résonances historiques : « - c’est une Fête ? - Non, Monsieur le Premier Ministre, c’est une Rébellion ! ».

 

CIMG1266 - CopieBousculades dehors. Bousculade dedans. Courses-Poursuites dehors. Courses aux présentations dedans. Je fus un des derniers à être présenté au Premier Ministre Joseph Muscat, grâce à un ancien ambassadeur de Malte à Paris, revenu de Malte pour la circonstance. Et aussi un des derniers à l’être à Joseph Calleja qui, manifestement épuisé, était sur le point de s’éclipser ; ce fut bref, mais intense. Entre faire signer un programme et être pris en photo avec la star, je choisis la seconde possibilité : je n’ai plus l’âge d’être un «  groupie », et j’ai celui où l’on cherche à laisser une trace dans les albums de souvenirs. 

 

 Au moment de partir, présenté à Joseph Muscat, 1er Ministre de Malte

 


En sortant, abasourdi, flottant entre deux mondes, je fis un rêve : qu’une voix se fasse soudain entendre, répercutée par mille amplis : demandant le silence et l’immobilité à tous, ceux de dedans et ceux de dehors, les invités, les manifestants et ceux chargés de les réprimer – ne me parlez surtout pas  de « forces de l’ordre », je vous répondrais : «  Quel ordre ? ».  Puis, la voix disant : » vous allez entendre l’Hymne de Malte par le plus célèbre artiste maltais. Il vous le chantera dans sa langue maternelle, mais  voici la traduction française  de ce texte, écrit il y a un siècle par un ecclésiastique maltais :

 

Sur cette douce terre / la mère qui nous a donné son nom,

Veille, Seigneur / Comme Tu l’as toujours fait.
Souviens-Toi / Que tu l’as vêtue de la plus douce lumière.

Donne, Dieu puissant / le discernement à ceux qui gouvernent,

La compassion au maître / La santé au travailleur,

Garde les Maltais dans l’union et la paix.

 

Et peut-être, alors, de la Foule indistincte des uns et des autres, montera ce mot :

 

AMEN

 

Puis, pour ma part :

VIVA MALTA !

Partager cet article
Repost0
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 16:51

Première partie de la conférence de Pierre DIMECH,  prononcée à l' Université de Malte le 21 mai 2001


182 - CopieDans la grande histoire des hommes qui ont fait l'Algérie, voici la page des Maltais. Pierre Dimech les connaît bien puisqu'il est lui-même fils de ces iliens venus s'enraciner en Afrique et qui formeront, avec d'autres, venus d'horizons différents, les Français d'Algérie.

 Le 5 juillet 1830 à midi, sous un soleil de feu, la porte Neuve de la Casbah d'Alger s'ouvrait sur les troupes françaises. Le passage victorieux de ces soldats vêtus de rouge réalisait d'anciennes prédictions et donnait une résonance prophétique au cri fameux, bien que controversé aujourd'hui, de Pons de Savignac, chevalier français et porte-étendard de l'Ordre de Malte, devant une autre porte d'Alger, la porte Bab-Azoun, où il avait planté sa dague le 26 octobre 1541: Nous reviendrons !»

Cette année donc allait ouvrir un formidable chapitre de l'histoire de France, mais aussi de l'histoire de la Méditerranée.Très rapidement, l'atmosphère de l'ancienne ville pirate change du tout au tout. Il existait un cloisonnement entre les couches d'une population hiérarchisée selon son origine ethnique, laquelle conditionnait ses activités dans la cité : Turcs, Kouloughli, Maures supplétifs, Kabyles, Arabes, Juifs, Chrétiens et qui est ainsi décrit dans l'ouvrage de Pierre Boyer la Vie quotidienne à Alger à la veille de l'intervention française : « La caste des Turcs domine sans conteste le pays. Les Kouloughli sont des petits parents que l'on ménage ; les Maures, des sujets ; les Berbères et les Arabes des ennemis en puissance ; les Juifs, des inférieurs que l'on méprise profondément mais dont on ne peut se passer ; les Chrétiens, des esclaves.»

A ce cloisonnement, générateur d'un rythme de vie immuable, se substitue, non sans une certaine pagaille, un esprit que l'on peut qualifier de cosmopolite. Que l'on en juge ! Aux autochtones que je viens d'évoquer, dont ceux qui avaient le plus à souffrir de la rudesse turque ont accueilli les soldais français en libérateurs, se joignent ces soldats, en provenance de toutes les provinces ; s'y ajoutent très rapidement, pour les besoins de l'intendance et du génie militaire, mais aussi poussés par tous ces instincts puissants que suscite un monde nouveau, jusqu'alors terrifiant et qui semble s'ouvrir à la vie, des hommes d'Europe continentale et du pourtour médi­terranéen : négociants marseillais, ouvriers de toutes origines, notamment des Piémontais, des Sardes, des Allemands, des Suisses, des Mahonnais qui vont fonder les premiers villages, enfin — et donc parmi les premiers : des Maltais, qui s'assurent d'emblée une spécialité : celle de la batellerie des ports.
Barque pêcheurs
En effet, dès les premières années, un trafic intense s'instaure dans les ports qui sont encore bien rudimentaires (naufrages près des côtes, embarcations brisées, amarres rompues, etc.). Cette spécialisation souligne la qualité des marins maltais. Cf. Marc Baroli : la Vie quotidienne des Français en Algérie, 1830-1914. « Celui qui arrive sans encombre doit se remettre, corps, âme et bagages aux mains des bateliers maltais qui le transportaient jusqu'au rivage. »

Parallèlement à cette prééminence incontestée, les Maltais — deuxième trait fondamental de leurs aptitudes — entrent rapidement en concurrence avec les Juifs sur le terrain, florissant et riche d'avenir, du petit commerce. En 1834, les Maltais ont déjà la haute main sur le commerce de légumes, sur l'épicerie et sur la fourniture du lait. En quelque sorte « du producteur au consommateur» car les éleveurs de chèvres, installés autour des villes, trayaient leur bétail tout chaud dans les rues !

Quant aux femmes, qui commencent à venir, en petit nombre, s'installer surtout au service de l'armée (cantinières, cuisinières blanchisseuses, etc.), on trouve parmi elles une Maltaise (à Bône) à côté de neuf Françaises, cinq Mauresques, deux Espagnoles, une Juive. Donc, proportion très honorable

Ainsi, d'emblée, la communauté maltaise figure en bonne place dans la toute première population de l'Algérie française qui, en 1834, compte un peu moins de 10.000 habitants, dont la moitié de Français, répartis entre Alger, Oran, Bône, Bougie, Mostaganem. Est-ce à dire qu'elle y fait là sa première apparition ? Les renseignements que l'on possède sur la population européenne, non esclave évidemment, en Algérie turque sont assez minces. On trouve surtout mention d'agents consulaires et commerçants provençaux qui ont, même aux temps les plus sinistres de la guerre de course et de l'esclavage organisé, maintenu un lien entre l'Algérie et la France.

Et puis, il n'y avait pas qu'Alger : dans l'Est algérien, la France entretient toujours, si l'on peut dire, des établissements et des comptoirs, « les concessions d'Afrique », dont la destinée fut différente selon les endroits et les époques : les plus stables furent la Calle, Bône et Collo. Or, bien que n'ayant jamais pris un grand développement et ayant subi maintes fois le pillage et l'incendie, elles connurent toutefois des moments d'activité, notam­ment pendant la seconde moitié du XVIII° siècle. On peut penser que les Maltais les connurent comme lieu d'échanges commerciaux. Ne perdons jamais de vue les liens privilégiés — surtout au XVIII° siècle — entre la France et l'Ordre de Malte, et, singulièrement, la marine de l'Ordre. On peut donc penser que des Maltais étaient installés dans ces comptoirs français.

Mais, compte tenu de la précarité économique et, somme toute, phy­sique de ces comptoirs, on ne peut employer à leur égard la notion de Population. Il s'agissait donc d'individus, voire de quelques familles, isolés, mais dont certains firent souche et se perpétuèrent grâce à l'arrivée de la France dans le pays.

Cela étant., fin 1839, après dix ans d'Algérie française, selon Augustin Bernard, l'Algérie comptait 25.000 Européens (dont 11.000 Français) répartis ainsi : 14.000 à Alger, 5.000 à Oran ; le reste à Bougie, Mostaganem, Constantine, Philippeville.

Les Français dominaient à Alger (6.800), les Espagnols à Oran (2.300), les Maltais à Bône (1.300), marquant déjà une répartition géographique qui devait se continuer par la suite.

L'essentiel est donc, je crois, de noter que les Maltais comptèrent parmi les premiers éléments de l'Algérie française, figurant parmi les immigrants de la première heure. Nous venons de voir également que la place qu'ils tiennent dans la société européenne de la toute première génération les met à un rang modeste tout autant que précieux sur le plan des services qu'ils rendent.

Comment sont-ils appréciés ? Il faut tout d'abord avoir présent à l'esprit le fait qu'il s'agit d'une société d'immigrants, qu'ils soient français ou étrangers.

Installés depuis peu en territoire algérien, ils gardent les habitudes et les réflexes de leurs atavismes respectifs. Chaque groupe ethnique garde sa personnalité, reste replié sur lui-même, et défend farouchement son particularisme. Le cosmopolitisme de la jeune Algérie française n'empêche pas tout à fait, à son début, les classements en fonction des origines et des activités, un peu comme dans l'Alger barbaresque, mais dans un climat de rude concurrence et un esprit d'aventure et de liberté qui ne surprennent ou choquent que celui qui ne voit pas ou ne veut pas voir à quel point l'Algérie a été l’équivalent méditerranéen des terres à western…à ceci près, bien entendu, que les « Indiens » n’ont pas été exterminés par les pionniers.

Les Maltais donc paraissent plutôt au bas de l’échelle, dans une société elle-même assez mal équarrie dans son ensemble. Mais avant toute chose, ils déconcertent ceux qui cherchent à les "situer". En effet, ne voilà-t-il pas des arrivants aussi mal définis que ces gens, dont on disait qu'ils étaient "sujets anglais" et dont on pouvait dire qu'ils étaient :

supertitieux comme des Napolitains, accoutrés comme des Juifs (avec notamment un goût prononcé pour les bijoux - anneaux d'or aux oreilles), durs à la tâche comme des Valenciens, catholiques expansifs comme des Siciliens et parlant une sorte d'arabe aux âpres consonances.


Ouvrons ici une parenthèse : l'amalgame méditerranéen était tel qu'on aurait pu dire, dans le désordre : superstitieux comme des Espagnols, parlant une sorte de dialecte juif, etc.

En tout cas, dans ce monde dur et coloré, les premiers Maltais d'Algérie passent pour être particulièrement grossiers, de manières et d'usages surtout aux yeux des Français de souche, ce qu'on verra tout à l'heure lorsque sera abordé l'aspect littéraire de l'émigration.

Devant des jugements nécessairement sommaires, il est temps ici de rappeler qui étaient vraiment ces Maltais et les raisons de leur présence en nombre sur un territoire peu à peu pacifié par la France.

Héritiers d'une histoire millénaire, les Maltais sont les descendants lointains d'illustres et mystérieux bâtisseurs de temples de l'époque mégalithique (4000 ans avant J.C.), descendants plus directs des marins phéniciens venus de Tyr fonder CARTHAGE au premier millénaire avant notre ère.
 

Mais ils sont aussi liés par des "liens de famille" à la péninsule italienne, par la Sicile si proche, par les Romains, qui ont administré l'île à demeure pendant près de 800 ans, et plus encore par les apports humains de "colonies" italiennes venues à Malte, non en dominatrices, mais en exilée, selon les hasards des luttes féodales au cours des XII° et XIII° siècles.

Enfin, les Maltais sont liés également au monde nord-africain, essentiellement à la Tunisie et à la Libye, au hasard d'autres luttes avec la contrepartie de prises réciproques de nombreux esclaves, mais surtout en raison de la domination et de l'implantation arabes longues de plusieurs siècles, avec le brassage de populations que cela comporta.

Toutes ces unions, plus ou moins volontaires, n'ont pas pu ne pas peser d'une manière déterminante sur la composition d la population des îles maltaises, surtout compte tenu de la faiblesse numérique de celle-ci, facteur essentiel facilitant les influences extérieures.

Alors, â ce propos, lorsqu'on approfondit la tumultueuse et passionnante histoire de ces îles, comment ne pas conclure à la vanité ou à la partialité des appréciations qui tendent à opposer "vrais Maltais" à "Maltais mâtinés d'étrangers". L'objet de cette étude n'est pas de rappeler, même brièvement, l'absurde "querelle des langues" qui, au siècle dernier et au début de ce siècle, a littéralement empoisonné, la vie du peuple maltais, mais je n'évoquerai qu'un problème, capital dans la recherche de la personnalité maltaise : l'origine des noms de famille. Certains opposent les "purs Maltais" dont le nom patronymique est à consonance sémitique aux, disons "Maltais de fraîche date", dont le nom patronymique est à consonance italienne. Outre le fait que ces assertions sont lancées souvent sans avoir recherché vraiment leur fondement basé sur des travaux historico-généalogiques approfondis et que, d'autre part, de nombreux noms ont été déformés au cours des siècles, quel Maltais à cent pour cent compte pas parmi ses aïeux , bisaïeux, trisaïeux, etc. à la fois des noms à consonance latine et d'autres à consonance sémitique ?

En vérité, aussi surprenant mais aussi choquant que cela paraisse, on peut se demander si, justement, le vrai Maltais n'est pas celui dont le sang charrie dans ses veines des origines multiples, en tout cas, ce double apport latino-sémite, sans compter sur les apports plus récents, anglais, etc...

Conclusion : ce ne sont pas les critères ethniques qui caractérisent le Maltais en l'isolant du reste, bien que dans sa variété le type maltais soit relativement homogène.

Serait-ce alors le critère culturel ? Sans nous étendre sur ce sujet passionnant il faut se contenter d'observer que la culture maltaise est, elle-même, le produit d'apports divers que l'on peut regrouper en apports méditerranéo-latins et en apports méditerranéo-sémitiques.

De ce fait, ce qui donne sa profonde homogénéité à l'homme ce maltais, et ce qui le fait reconnaître, c'est sa religion: un catholicisme très enraciné dans sa personnalité profonde, un catholicisme se manifestant de façon constante vis-à-vis de l'extérieur et de tous les événements de l'existence.

Voilà esquissés les grands traits du Maltais, en ce début de colonisation française en Algérie.

Ajoutons que le ressort de son émigration ne lui est pas propre, mais est commun à tous ceux qui s'exilent pour aller chercher une vie meilleure, pour tenter l'aventure.

Les causes économiques de l'émigration maltaise sont réelles ; mais il y a certainement aussi des causes politiques : Malte, en effet , a fait son entrée dans la vie moderne en quelques années troublés:

- 1798 :les Chevaliers de Malte sont chassés par Bonaparte, qui installe un gouvernement français et tente d'imposer brutalement et maladroitement les modes de vie et de pensées issus de la Révolution française.
-.1800 :les habitants, excédés, aident les Anglais à chasser les Français ; le sort de l'île reste incertain pendant toute la période des guerres napoléoniennes.
- 1814 :Malte, suprême ironie, devient "colonie de la Couronne", colonie du royaume sous la protection duquel elle s'était placée , pour éviter le joug français.


Mais ces Français dont l'ensemble de la population maltaise ne voulait pas sur place, en raison des traumatismes que leur conception de la vie leur faisait subir, voilà que seulement trente ans au plus tard les Maltais vont vers eux, sur cette terre d'Algérie qui s'ouvre de nouveau à l’Occident, après des siècles d'isolement et d'hostilité.

Confusément, ces hommes simples qui vont surtout chercher du travail et qui ont la chance de voir ce vaste continent à la portée de courtes traversées à la voile, ressentent comme un appel: ils ont l'impression de ne pas quitter leur monde en quittant leur île, puisqu'ils retrouvent la Méditerranée du sud, son soleil et ce peuple cosmopolite qui, lentement, se forme.

Et, dans cette réalité bien vivante, dans ce creuset d'où sortira plus tard une communauté parfaitement homogène, les émigrants maltais sont beaucoup moins distincts des autres qu'une étude abstraite pourra le donner à penser : le type humain, les croyances, le langage, le mode de vie les rapprochent à la fois des autochtones judeo-berbères et des émigrants non-français, siciliens, mahonnais, valenciens, etc.

Mais le groupe de Maltais qui arrive sur la terre d'Algérie avec ses chèvres et ses religieux a aussi, dans le fond de son âme, l'impression de participer à une sorte de « CONQUÊTE", eux qui furent terrorisés pendant des siècles par les invasions des Barbaresques. Ils choisissent délibérément un monde ou l'Afrique rappelle leur pays et leur paraît vouée à un grand empire d'Occident au sein duquel ils auront leur place.

Cela explique l'opiniâtreté des Maltais, lors des premières frictions avec les autres communautés, la conscience qu'ils avaient confusément de pouvoir réussir en restant eux-mêmes. Dès ce moment, on constate à la fois qu'il y a très peu de retours au pays, donc une implantation durable en Algérie, mais que les liens avec les familles, donc avec la terre natale, n'en sont pas pour autant rompus.

373

Partager cet article
Repost0
27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 18:47

  logo present

Voyage de “Présent” à Malte

Entretien avec un « Maltais », Pierre Dimech

Cher Pierre Dimech, vous êtes Maltais de sang, de cœur et d’esprit (ceux qui ont lu votre livre L’homme de Malte savent exactement ce que cela signifie). Vous vous êtes rendu à Malte à 21 reprises et vous y avez guidé différents membres de votre famille, des amis, ainsi que des groupes de compatriotes d’Algérie. Vous êtes en somme notre Maltais de Présentet vous avez rédigé pour notre quotidien de nombreuses pages, reportages, enquêtes, « cartes postales », analyses. Que diriez-vous à nos lecteurs pour leur donner envie de découvrir Malte ?

— Tout d’abord, ne pas tenir exagérément compte des dimensions « lilliputiennes » de cette île – en réalité, un archipel composé de deux îles et trois îlots. Il faut simplement se dire qu’à Malte, le Temps prime l’Espace. C’est sur ces quelques dizaines de kilomètres carrés habitables que l’on trouve la plus grande concentration de temples de l’époque néolithique au monde, dont le plus ancien – et le plus impressionnant par ses dimensions, est celui de Ggantija, sur l’île de Gozo, dont la partie la plus ancienne remonte à environ 3500 ans avant J.C., mais de tous, celui qui m’émeut le plus est toutefois celui de Mnajdra, sur l’île de Malte même, plus « récent » (2800 à 2200 avant J.C.), incomparable à raison de son emplacement (à haute portée symbolique) en rebord d’une haute falaise face au Sud, dominant l’énigmatique îlot de Filfla, se dressant à 6 km de la côte. Mais l’homme a laissé des traces à Malte bien avant la construction de ces temples, notamment au lieu-dit Skorba, occupé dès le cinquième millénaire avant J.C. On peut ainsi dire que Malte, qui ne couvre que 314 km2, a 7 000 ans d’Histoire.

Une fois disparue « la civilisation des temples », puis celle, moins spectaculaire, du « bronze », Malte entra dans l’Histoire à travers les peuples, parfois de simples groupes de marins, de marchands ou d’hommes en armes, qui y débarquèrent, conquérants ou fugitifs, au rythme, comparable à celui des marées océanes, des flux et reflux marquant la vie agitée de tout temps du bassin méditerranéen. Et cela commença avec les Phéniciens venus de Tyr et de Sidon, en route vers les côtes d’Afrique du Nord. Tout venait de se mettre en place pour, au-delà des rivalités commerciales avec les Grecs, également présents, le grand et mortel « pas de deux » entre Carthage et Rome, qui marquerait à tel point les esprits durant des siècles et même des millénaires que, lors de la résistance maltaise aux forces de l’Axe et de la transformation de Malte en une immense base aéro-navale en 1943, d’où partirait la conquête de la Sicile puis du reste de l’Italie, Churchill s’écrierait : « C’est la revanche de Carthage sur Rome ! ».

Je me contente de citer simplement ce propos, à l’appui de ce qui devrait être un postulat pour toute personne désireuse de découvrir Malte : « A Malte, tout est Histoire ! ».

L’île a vécu un afflux constant d’immigrants illégaux africains qui s‘échouaient sur ses plages. Est-ce la politique dissuasive mise en place par les autorités maltaises qui a empêché ces clandestins d’en faire un nouveau Lampedusa ?

— On peut le penser, mais d’autres facteurs ont également joué dans le même sens, notamment celui de la densité exceptionnelle de la population de Malte, qui est de l’ordre de 1 300 habitants au kilomètre carré, une des plus fortes au monde et, en tout cas, sans équivalent dans « l’Eldorado » supposé qu’est l’Occident. Il n’y a vraiment pas beaucoup de places libres, là-bas ! Et puis, il faut aussi le dire, les Maltais sont accueillants, mais ils ont par atavisme un sens aigu de tout ce qui peut ressembler à une invasion. Ils savent que la population de leur pays – dans les 400 000 habitants – est tout juste celle d’une ville de province en Europe continentale. Ce sont des gens éminemment réalistes, attachés au concret, au dur labeur quotidien, et enfin conscients de leur identité, dont ils perçoivent la fragilité, du fait des menaces, plus ou moins insidieuses, que fait peser sur elle le monde actuel, alors qu’elle a été chèrement gagnée au fil des siècles. Ils savent que leur nation n’a dû sa reconnaissance qu’à l’affirmation inlassable de cette identité, et qu’elle est circonscrite à ces trois cents et quelques kilomètres carrés surpeuplés, sans ressource énergétique, et que tous ses enfants dispersés de par le monde, et souvent au bout du monde, ne pourraient rien pour elle si elle allait être minée de l’intérieur en devenant une sorte de lieu de rassemblement des migrations venues à flots continus de cet intarissable réservoir humain convergeant vers elle parce qu’elle est la porte de l’Europe…

Comme toutes les îles, Malte a une forte identité et une grande personnalité. Membre de l’Union européenne, comment résiste-t-elle au rouleau compresseur de l’Europe et de la mondialisation ? Pourra-t-elle conserver son identité chrétienne et rester ce petit paradis méditerranéen ?

— Oui, que cela plaise ou non, l’identité de Malte est chrétienne, et plus précisément, catholique. Le catholicisme romain (je ne peux m’empêcher de préciser « romain » en ayant en mémoire la floraison de drapeaux aux couleurs du Vatican dans toutes les grandes fêtes religieuses maltaises) et la langue nationale sont les deux piliers de cette identité. En dire plus à ce sujet me verrait risquer de succomber à la tentation de refaire pour vous et nos amis lecteurs l’histoire de Malte, si riche d’enseignements comme d’anecdotes. J’y ai plongé, voici un peu plus de 40 ans, lorsque je me suis attelé à ma thèse de doctorat portant sur la naissance du nationalisme maltais.

Mais revenons à notre époque : il y a eu d’abord, lentement, insidieusement, un effet d’érosion, dommage collatéral d’une montée en puissance d’un tourisme que l’île ne pouvait rejeter, mais que je juge porteur de germes nocifs, du seul fait de l’exiguïté du territoire maltais et de sa population qui est tout juste celle d’une grande ville – Malte, voyez-vous, si elle est une vraie nation, même si elle dispose d’un véritable Etat (ah, que n’avons-nous pas entendu comme propos médisants, pour ne pas dire : injurieux, naguère, assimilant Malte à une sorte d’Etat fantoche, couverture d’un paradis fiscal louche !), est l’incarnation contemporaine de ce que Fustel de Coulanges voyait dans la Cité antique : une « cité-Etat ». Or, il faut bien voir que Malte avait été, jusqu’à la montée en puissance du tourisme international, protégée à la fois par son insularité et par son statut de base militaire, jusqu’à sa sortie de l’OTAN.

La cohésion de sa société faisait pendant à la cohérence de son architecture urbaine. Rapprochement curieux ? L’afflux des touristes a entraîné une mutation du paysage urbain, avec l’arrivée du béton – alors que la merveilleuse pierre du pays régnait sans partage –, avec les destructions massives de villas ou maisons charmantes et leur substitution par de grands immeubles aux façades disproportionnées et « fonctionnelles ».

Les moyens de communication, l’impérialisme médiatique ont fait le reste.

Aujourd’hui, des équipes de vieux Maltais sont obligées de se tenir à l’entrée de la nef des principales églises, dans les lieux « touristiques », pour endiguer ou tenter d’endiguer ce flot, et limiter les tenues et comportements les plus irrespectueux. Mais on n’en est pas encore aux « Femen » ! Parce qu’elles savent que ça castagnerait sec ! J’ai eu une fois l’occasion d’assister, dans un petit hameau près de la grotte bleue, à une chaude dispute entre deux patrons de bar, qui a tourné en rixe à mains nues… En un rien de temps, le sang a coulé, tandis que les femmes hurlaient. Je vais peut-être choquer mais, tout en regrettant le trouble porté au silence de cet après-midi écrasé de chaleur, je me disais : « Ah, voilà un pays qui tient encore debout… » Et je croyais assister à une scène de Cavalleria Rusticana. Je m’égare ? Pardon, j’étais retourné à Malte.

Et l’Europe, dans tout cela ? L’Europe mondialiste, bien sûr, pas celle de la chevalerie. A l’évidence, son action, y compris insidieuse, surtout insidieuse, faite de lois et règlements, mais plus encore de rapports, d’injonctions et de pressions en tous sens, manipulée par les médias, et en retour se servant d’eux pour diligenter leurs enquêtes (on crée un « scandale », puis on enquête sur lui…) tout cet appareil, toute cette inspiration, surtout, ne peuvent être favorables à l’épanouissement, voire à la simple conservation d’un patrimoine culturel identitaire, d’abord parce que le mot « identité » est un « gros mot » pour tout mondialiste qui se respecte ; ensuite, parce que mondialisme n’est pas neutre…

Alors, pourquoi cet élan vers l’Europe institutionnelle des Maltais les plus défenseurs de leur identité ? Par, si j’ose dire, la force des choses. Parce que de l’Europe ils se sentent faire partie. Parce qu’ils se savent trop petits, trop faibles, trop vulnérables, pour prétendre s’en sortir seuls. Pour cela, nul, et les Français encore moins que les autres, n’ont le droit de leur jeter la pierre. J’ajouterai que Malte, qui a eu à souffrir, au cours des deux cents dernières années, des conflits entre nations européennes : France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie (et les Russes n’étaient pas loin), a vu avec soulagement son rapprochement avec une institution européenne qui rassemblerait ces nations autrefois en perpétuelle conflagration.

En définitive, ce n’est pas l’Europe, mais « cette Europe-là », qui est un danger pour chacun de ses membres, et en particulier les plus vulnérables par leur dépendance parce que, au-delà des contraintes qu’elle impose dans son domaine propre, elle se sert de ses rouages les plus opaques pour imposer à tous un système de vie, au service d’une philosophie, en œuvrant pour limer, puis laminer tout ce que s’y oppose chez les uns et les autres.

Malte subit donc un nouveau siège. Jusqu’à présent, elle s’en est toujours sortie. Les Maltais sont des Méditerranéens du Sud : ils savent laisser du temps au temps. Et quand on a, comme eux, sept mille ans de présence, on peut laisser passer l’orage.

Propos recueillis par Caroline Parmentier

Article extrait du n° 7800
du Mardi 26 février 2013

  Retrouvez le quotidien" Présent "sur ce lien : link

Partager cet article
Repost0
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 08:14

Reception ambassade

 

 

Lors de la sympathique réception au cours de laquelle « l’ homme de Malte » a été présenté officiellement, S.Exc. Pierre Clive Agius, Ambassadeur de Malte en France a assuré de tout son appui effectif en vue de la traduction de l’ouvrage en anglais, pour lui permettre d’être accessible aux Maltais de Malte et de la diaspora ( Australie ; Nouvelle Zélande, Canade, Etats-Unis, etc… ). Peut-être même, une traduction en maltais pourrait être aussi envisagée.  Voilà qui comblerait son auteur, au-delà de toute espérance !

 

A noter que dans son numéro du 27 janvier, le «  Sunday Times of Malta », édition dominicale du « Times of Malta » a rendu compte de cette réception, ouvrant sans doute la voie à une diffusion de « l’ homme de Malte » sur place, dès sa version originale française.

 

 

Partager cet article
Repost0