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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 16:22

PETITE REVUE DE LIVRES

[ La Patagonie dans ma bibliothèque (*) ]

 

De toutes les grandes catégories de sujets qui se trouvent dans ma bibliothèque, ce qui a trait à la Patagonie – j’allais dire : «  aux Patagonies » du fait d’approches si diverses : géographique, historique, ethnographique, maritime, romancée, et imaginaire – est la plus récente des entrées, en tous cas, une des plus récentes. Et la plus en force. Il y a des tas de raisons à cela, mais je me limiterai au besoin de rêve, et au besoin d’enfance, ce qui d’ailleurs revient au même. De tous les royaumes, seul celui de l’imaginaire n’engendre aucune déception. Et il transcende tout : l’histoire, la géographie, les désirs d’un Ailleurs. La Patagonie remplit toutes ces conditions. C’est pourquoi elle accomplit ce miracle de réunir des personnalités a priori aussi opposées que Jean Raspail et Francisco Coloane, que notre goût des catégories et autres étiquettes verrait bien se combattre à mort, mais qui nous guident sur le même navire, baleinier, cap-hornier, navire de Magellan et pirogue d’Alakalufs, mûs par la même fascination pour ces terres du bout du monde. C’est pourquoi ils sont associés ici, en tête de cette petite revue de livres, bien incomplète si l’on parcourt l’énorme production livresque générée par la Patagonie, mais qui me tient compagnie en permanence  sur mes rayonnages, en un dialogue muet de tous les jours…

Ce ne sont donc pas des objets que je vous présente ici, mais l’équipage du navire sur lequel le vieux jeune homme que je suis a embarqué, en route vers les «  80 ème » de ma vie, dont je ne sais pas s’ils seront hurlants, rugissants, ou mystérieusement silencieux, en attendant d’aborder le rivage de l’Au-delà des Mers, de l’autre côté de l’horizon d’ici-bas.

       

de JEAN RASPAIL :

 

-   « LE JEU DU ROI »

-   « MOI, ANTOINE DE TOUNENS, ROI DE PATAGONIE »                       IMG 0002 NEW

-   « QUI SE SOUVIENT DES HOMMES ? »

-   « ADIOS TIERRA DEL FUEGO »

-   Préface à «  FOUS DE PATAGONIE » ( 4 récits de voyageurs)

-   Préface à « L’ENFER BLANC DE PATAGONIE » ( 3 auteurs)

 

 

de FRANCISCO COLOANE :

 

-   « CAP HORN »

-   « TIERRA DEL FUEGO »

-   “EL GUANACO”

-   « LE SILLAGE DE LA BALEINE »

-   « LE GOLFE DES PEINES »

-   « NAUFRAGE »

-   « LE PASSANT DU BOUT DU MONDE »

-   « LE DERNIER MOUSSE »  

 

 

de JULES VERNE :

 

-   « LES NAUFRAGES DU JONATHAN »

 

de  SAINT-LOUP :

 

-   « LA NUIT COMMENCE AU CAP HORN »

 

 

de MEMPO GIARDINELLI :

 

-   « FIN DE ROMAN EN PATAGONIE »

 

 

de LUIS SEPULVEDA :

 

-   « LE MONDE AU BOUT DU MONDE » 

 

 

d’ ISABELLE AUTISSIER :

 

-   « L’AMANT DE PATAGONIE »

 

 

d’ OSWALD WEGMANN :

 

-   « TIERRA DE ALAKALUFES »

 

 

de NICOLAS HULOT / FRANCOIS PEDRON :

 

-   « LE CAP HORN »

 

 

Et puis, deux livres d’art grand format :IMG 0003

 

-   «  LE PHARE DE PATAGONIE »

 

-   « PATAGONIE ». 

 

(*) prise comme sujet exclusif, ou tout au moins principal,  de l’ouvrage référencé.

 

Et en attente d’acquisition,

des ouvrages de BRUCE CHATWIN, PAUL THEROUX, et bien entendu, de l’immense JOSE EMPERAIRE.

 

 

 

Mais, ce n’est pas tout !  Voilà Dix années que j’ai obtenu ma  « naturalisation » patagone, au cours desquelles ma navigation en solo – la Patagonie de Raspail n’est pas un Club, encore moins une association, et chacun noue un lien direct, personnel, de pure prédilection, avec le Consulat Général – ne m’a pas vu connaître les affres de la solitude, grâce à l’arrivée inopinée mais toujours attendue de «  Bulletins de liaison » qui sont un régal d’agrément, et un point de rencontre entre tous, un carrefour d’amitié, où les nouvelles s’échangent – même si elles remontent à des lustres – fourmillant d’informations, de repères de lecture, et de plus en plus riches d’illustrations en tout genre.

Je crois pouvoir dire que la formule est unique en son genre.

Sa rareté fait d’elle un évènement, renforcé par l’absence totale de périodicité de sa cadence. Vous aurez compris que dans cette Patagonie-là, rien ne se déroule comme dans notre quotidien ligoté par la sorcière Réglementation.

 

 

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Ah, j’oubliais ! Ce « Bulletin de Liaison des Amitiés Patagones, que ses familiers appellent le  BLAP, porte le nom « officiel », déposé dans les registres du Consulat général de Patagonie, de : 

«   LE MONITEUR DE PORT-TOUNENS ».

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 19:00

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Vous avez , d'un coup d'aile, franchi les océans, et vous voilà au bout de la nuit, empoignés par le point du jour sur USHUAÏA...vous croyez rêver, mais vos yeux s'ouvrent au soleil renaissant. Tout est mer, tout est ciel. Vous êtes  AU BOUT DU MONDE...

 

 

A Alger, je n'avais jamais pu ne serait-ce qu'imaginer le Cap Horn.  Enfant, mes lectures m'avaient souvent entraîné vers la mythique Islande, à la suite des pêcheurs bretons, sur fond de voiliers perdus en mer. Lycéen rêvant d'horizons, je partageais la passion de mes camarades s'enflammant pour d'improbables virées en moto vers le cap...Nord. En gens du Sud, nous rêvions du Nord !

Disons que pour moi le Cap Horn, là-bas, tout en bas de la carte, c'était plus loin que l' Enfer !

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Je ne pouvais même pas concevoir qu'un soir de 2008, sur l'autre versant de ma vie, je me trouverais face à lui, et de surcroît, par un calme insolent ! le géant dormait, mais nous l'avons abordé avec respect: il aurait suffi d'un impair pour que, d'un grognement, il déchaine les 3 océans auxquels il commande, l'Atlantique, l'Antartique et le Pacifique, nous balayant alors comme fétus de paille ! les  spécialistes, qui sont poètes à leur manière, appellent cela "une fenêtre météo", à l'ouverture imprévisible, et à la fermeture encore plus imprévisible..

 

Mais, comme tous les méditerranéens, je suis "né en Grèce", et je préfère pour un tel lieu une image qui soit une extension de  l'Odyssée..Alors, je m'en tiens à mon image de géant qui dort, à un cyclope des Mers du Sud... .

 

 

L' Odyssée, l'Odyssée ! oui, mais le cap Horn n'est pas le cap Sounion, même par beau temps...Ces terres du bout du monde sont des terres de désolation. C'est même le nom d'une des îles principales de la région. . Ici, le labyrinthe n'a pas d'autre Minotaure que le monstre qui souffle les vents furieux et creuse des houles démentes. Et c'est au bas d'une Olympe de glace que le navigateur se hasarde. Dante Alighieri, qui eut l'idée géniale de faire de l'Enfer un royaume de glace, aurait trouvé en ces lieux concrétisation de sa vision poétique. Ici, Virgile, qui le conduit, s'appelle Lafko, fils de Lafko, comme dans " Qui se souvient des hommes ? "  de Jean Raspail. Et sa barque a 10.000 ans: c'est celle de ses ancêtres .

 

Fascination de la désespérance, de réaliser qu'on n'est rien, entre les eaux de métal gris, les rivages escarpés à la végétation crépue de végétaux de bronze, et les pics blancs      qui précipitent leurs blocs de glace bleue dans un bruit sourd de tremblement de terre...Jamais la Nature ne m'avait autant donné la sensation de l'extranéité de l'être humain...      Ici, dans les parages, au XVI° siècle des découvertes prométhéennes, une ville entière, créée de toutes pièces avec tous les édifices symboles de la puissance de l'homme d'Occident, disparut entièrement, rongée, happée, dissoute par la faim et la soif, dans les affres de la folie auto-destructrice. Et l'endroit est connu aujourd'hui sous le nom de Port-Famine.

 

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Touriste du XXI° siècle, petit homme amolli dans ton confort, toi qui viens en curieux passer en revue ces lieux du haut d'un douzième pont de quelque gros navire de croisière, prend bien garde de ne pas leur manquer de respect ouvertement, de ne pas les narguer avec l'insolence de la bêtise :

 

Rappelle-toi qu'ici les eaux sont profondes et glaciales, que les rochers sous-marins coupent comme des rasoirs, que nulle plage ne te servira de havre, et que tu navigues sur un interminable cimetière  de bateaux engloutis...

 

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Qu'habitent les âmes errantes des marins perdus en mer... 

 

 

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Et encore, les images ci-dessus ont été prises au début d'un mois de février, donc de l'été austral....Que dire alors de l'hiver en Patagonie ?  Ce voyage vers l' hiver du bout du monde, l'atelier Fol'Fer vous l'offre, avec la publication d'un roman-récit, où la réalité affleure toujours sous la fiction, et où la fiction est si vraisemblable qu'on la perçoit comme une réalité....le titre est tout un programme, annonçant si j'ose dire, la couleur:

 

"UN HIVER EN PATAGONIE". Sous la signature d'un écrivain-baroudeur...à moins que ce ne soit un Baroudeur-écrivain :  Hervé Haon. voyez  son visage en 4° de couverture, et vous comprendrez qu'il ne s'agit pas d'un Intello-Bobo...

 

 

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        Ne vous attendez donc pas à un itinéraire sentimental. Je vous laisse aussi la surprise d'un gros détour par ...l'AFRIQUE, et par d'autres contrées d'Amérique du Sud. Un récit haletant, tonique, plein de sueur et de tension.

Avec ça, de fulgurantes " échappées " vers des considérations très actuelles sur la tyrannie contemporaine, faite d'asservissement des esprits amollis, par le relais de "modes" débilitantes . Au passage, " l'art contemporain" prend quelques claques retentissantes, qui sont plutôt des uppercuts ! JUBILATOIRE !!!  De quoi remplir votre esprit d'un grand coup de vent du large... Pour un " Eté en Force ", pour parler comme Robert Randau, le Père de l'Algérianisme ( qui parlait de " Journées en force ").

 

Une prochaine fois, nous poursuivrons notre "promenade" en Patagonie en nous rendant dans ma bibliothèque...

 

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 22:00

crepuscule

Il y a bien sûr la Patagonie géographique, qui, happant le voyageur encore pourvu de rêves, en route vers le sud du Sud, déroule ses plaines aux horizons sans fin, dresse ses pics montagneux qui transpercent les nuages, et qui se termine comme un poignard aux mille lames planté dans l’Antarctique, labyrinthe de canaux et de terres déchiquetées autour de la Terre de Feu, pour aller plonger dans les eaux noires du Horn.

 

CARNET patagonie carteIl y a aussi la Patagonie historique, qui suscite les querelles de famille entre Chili et Argentine, mais qui vit, depuis le passage des vaisseaux de Magellan, l’inexorable « choc des civilisations » ayant  mené les populations indiennes rescapées du néolithique vers leur anéantissement accéléré. Mais c’est aussi dans l’Histoire qu’il faut situer cette invraisemblable aventure, vers les années 1850 – 1860, qui poussa cet obscur avoué périgourdin à s’embarquer vers une gloire dérisoire autant qu’éphémère, en allant se faire « sacrer » Roi par des cavaliers de certaines de ces peuplades, pour finir, après mille et une péripéties tragi-comiques, dans la misère la plus profonde, avant d’entrer dans la Légende.

 

Et c’est bien aujourd’hui ce qui fait de moi, au milieu de 2 ou 3000 autres, par la fantaisie et l’esprit d’enfance, par la revanche du « Jeu » sur  le terre-à-terre, et par le bouche-à-oreille, un « Patagon », par la grâce de l’écrivain Jean Raspail220px-Orélie Antoine de Tounens cropped copie, qui a redonné vie posthume et honneur  que nul ne s’aviserait de bafouer à cet Antoine de Tounens, ou plutôt Sa Majesté Orélie-Antoine Ier, Roi d’Araucanie et de Patagonie, qui règne à jamais au cimetière de Tourtoirac, et y tient Conseil dans sa tombe…vide, déléguant ses pouvoirs au Consul Général Raspail, ce qui est un juste retour des choses…. .

Donc, la Patagonie de Raspail, ai-je dit, est un « JEU ».

Mais, de quel Jeu s’agit-il ? Réponse : du « JEU DU ROI ». Il y a même un livre de Jean Raspail qui porte ce titre, (et qui a même donné lieu, dans les années 80, à un film télévisé ).

Mais encore ?

L’explication, pleine de panache, se trouve à la source.

Chez Raspail, dans son «  Adios, Tierra del Fuego » :

 

«  Ce jeu est plus subtil qu’on ne le suppose…Il permet d’exprimer, entre rêve et réalité, tant de sentiments qui ont pris le maquis par le temps que nous vivons qu’on se tromperait lourdement en le limitant à ses apparences. Il y a dans le jeu patagon une sorte d’espace de résistance…La Patagonie peut devenir défi, simulacre de conquête, provocation, pied de nez, refus, refuge, rêverie, regret, canular, voire dérision ou dégoût…mais elle doit rester un jeu…Chacun a un coin d’âme caché, un coin de cœur inexprimé. C’est cela aussi la Patagonie  ».

 

Et Raspail ajoute : «  Peu d’écrivains y ont échappé ».

 

AU FORT LA LATTE, AU COEUR DU  "JEU DU ROI"

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PARC NATIONAL DE LA TERRE DE FEU

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Pierre DIMECH SUR LE PONT AVEC L'OUVRAGE DE JEAN RASPAIL : " ADIOS, TIERRA DEl FUEGO

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CONFERENCE SUR LE ROI DE PATAGONIE A BORD DU NAVIRE

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A TERRE, EN ESCALE, AU COURS D'UNE EXCURSION A PUERTO CHACABUCO

dur le pont

 

Pour en savoir plus : Jean Raspail : «  Adios, Tierra del Fuego « , coll :  Le livre de Poche,

Expose de façon passionnante tous les aspects de la question

 

 

 

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 21:00
Cher F...
 
Je sors de la lecture du "Jeu du Roi" profondément remué. Même si nombre d'éléments sont l'effet miroir des autres grands livres de Raspail sur la Patagonie, même si la fin évoque quelque peu ( je devrais dire : annonce) "les yeux d'Irène" (la disparition de Ségolène , Rosporden, etc ), on est là en présence d'une oeuvre forte, (forte même jusqu'à être parfois insoutenable, comme les dernières lignes, avec l'image du cadavre du rat dans le Tabernacle, seule réalité visible et pérenne), qui se situe à la fois au coeur de la Patagonie, qui prend ici une dimension mythologique, et en même temps au coeur du thème général de la Royauté dans l'oeuvre de Raspail. Oeuvre donc d'une gravité - au sens latin du terme, mais aussi au sens d'aujourd'hui - extrême, qui exclut toute échappatoire vers le pittoresque, ce pittoresque qui ne cessait pas de coller à la personnalité d'Antoine de Tounens, le réel et le transposé .
 
Ecrit peu après la révolution de 68, ce livre est aussi un Réquisitoire contre la caricature de Société surgie des bas-fonds de l'âme d'un peuple qui a vendu son âme aux Enfers. Et les passages les plus ravageurs visent l'Eglise, comme une tempête sur le détroit de Magellan, jetant bas les nouvelles idoles, même en prenant le risque de bousculer les statues les plus vénérables, prises dans cette tourmente de Jugement Dernier.
"Le Jeu du Roi" prend alors une dimension mystique, et la profondeur d'un livre pour Initiés.....
Je vous livre ces pensées à chaud, venant à peine de refermer ce livre....
Amitiés PTG

Pierre
.........................................................................................................
Merci, F.., de votre précieuse appréciation!
Je suis très impressionné par l'analyse très poussée de Philippe Hemsen, dont j'avais découvert peu avant de partir vers le Horn la signature au bas des textes remarquables figurant sur le site de Jean Raspail, lui-même construit de main de maître....Et je suis loin d'en avoir encore dégusté la riche substance !
"L'invention de la Patagonie " est une brillante étude de niveau universitaire, qui confirme mes intuitions, leur donne corps, et les prolonge dans la compréhension globale de l'oeuvre de Jean Raspail. J'y adhère avec enthousiasme. Tout au plus, maintenant que je reviens de Là-Bas, j'accorderai pour ma part, et pour ma seule perception personnelle, plus d'importance à la Patagonie Réelle ( au sens quasi maurrassien du qualificatif ), celle des Montagnes, et des îles, celle des canaux enchevêtrés et des déserts infinis, celle de la pluie et de la glace, celle qui vous prend les tripes et vous donne le vertige, qui vous écrase et en même temps vous exalte, celle que vous voulez vous approprier et à laquelle vous appartenez déjà corps et âme....Une Patagonie de Poète? Pourquoi pas ? Mais aussi un Patagonie de Géographe de sentiments qui relie la Terre à l'Esprit, la Mer à l'Eternité. On peut certes "aller en Patagonie" et passer simplement devant, la trouver "à voir" en jetant sur elle le regard d'un soudard hébété, comme ces masses de "touristes" que j'ai du côtoyer , et qui l'ont classée dans leurs albums comme des chasseurs d'agrément les volatiles qu'ils ont réussi à abattre, mais ce que je sais, c'est que je n'en suis pas revenu indemne. Je croyais être déjà "patagon" - et sans doute l'étais-je déjà un peu - mais j'ai pris cette terre en pleine face. Elle m'a transpercé de part en part. Et désormais, elle habite en moi. Pour moi, "la Désolation", "la Ultima Esperenza", "le Baia Inutile", ce ne sont pas des métaphores, en tous cas, pas seulement, mais ce sont des Lieux. J'ai entendu le chant muet des âmes se mêler au bruit des vagues, dans les ténèbres bleues de Magellan qui enveloppaient le navire dans sa descente nocturne du détroit, et j'ai vu monter leur invisible prière vers ce pan de ciel où un reste de lumière pâle flottait au-dessus du Cap Froward, comme une hostie élevée pour montrer le chemin de l'Espérance, surplombant les gouffres infernaux....Je ne puis plus me détacher de ce moment, et d'ailleurs tout en moi s'y refuserait. Mais, ce ne sont pas des espaces virtuels qui me hantent ainsi, mais des éléments ayant imprégné mes sens.
Seulement, je interroge.Non, je ne m'interroge pas. Je SAIS. Cette extase absolue, je ne l'aurais pas éprouvée, pas à un tel niveau, pas avec une telle force, et pas d'une telle nature, si je n'avais eu déjà en moi, installée à pas de loup, la Patagonie d'Orélie-Antoine et de son seul vrai successeur. La Patagonie de Raspail.
Mais peut-être, me suis-je trop livré? Nul pisco, j'en donne ma parole, n'a rafraîchi et brûlé ma gorge.....

Pierre
...............................................................................................

S'il m'est permis, F..., de tenter une réflexion de synthèse, je dirai que je vois - Non: que je sens - 4 PATAGONIES DE RASPAIL:
 
 
- Avec LE JEU DU ROI une PATAGONIE MYSTIQUE
 
- Avec MOI ANTOINE DE TOUNENS....une PATAGONIE CHIMERIQUE
 
- Avec QUI SE SOUVIENT DES HOMMES une PATAGONIE DRAMATIQUE
 
- Avec ADIOS TIERRA DEL FUEGO une PATAGONIE HISTORIQUE...et HOMERIQUE
 
 
Liées successivement aux notions de Transcendance, de Rêve vécu, de Tragique de la Destinée, et d'Universalité d'un Message, le tout engendrant une Attitude, mi -pantomime, mi-liturgie.
 
Leur imbrication fait à la fois leur force et leur faiblesse: qu'il soit porté atteinte à l'une, et c'est l'ensemble qui est mutilé .
 
 
Pierre,
Sujet patagon
Par la Grâce de Dieu et la Bienveillance de ceux qu'Il lui a plu de voir administrer le Royaume.
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