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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 18:01

 

POUR UN ETE EN "PENTE DOUCE"

 

SUIVEZ PIERRE DIMECH EN GRECE, POUR UN VOYAGE A SPETSAÏ

 

 

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Nouvelles 0004

 


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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:29
Extrait de la pièce de théatre "De Louis Bertrand à Albert Camus"(Cercle Algérianiste d'Aix enProvence)
Pierre Dimech en pêcheur Maltais
"J'ai d'abord pris la statuette sur fond d'assiette maritime; puis, carrément, j'ai pris en fond une peinture sur carton que j'ai réalisée voici une bonne trentaine d'années, représentant le phare de l'Amirauté d'Alger, vu du coude de la jetée Nord.
 J'ai ramené cette statuette d'un de mes voyages à Malte, voici une quinzaine ( ou plus ) d'années, et je l'avais oubliée dans une de mes vitrines du séjour. C'est la tenue que j'ai improvisée en rentrant d'une répétition qui m'a fait penser soudain à l'existence de cette statuette,et grande fut ma stupéfaction - et aussi, mon émotion - de constater qu'elle correspondant tout à fait à mon " déguisement " ( mais, était-ce bien un simple " déguisement " ? )."
Pierre Dimech

 

Pêcheur maltais

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 19:50

 UNE NOUVELLE  de PIERRE DIMECH   

A mon Ami fraternel, Alain Potier-Sanders, avec mon affection   Pierre

 

 

Les élections confortables se gagnent, dit-on « dans un fauteuil ». Et si, pour changer, notre fauteuil, d’objet devenait sujet ? C’est l’objet de ce récit sans importance…

  Fauteuils

Parler d’un fauteuil, du fauteuil d’un inconnu, s’entend, c’est finalement conter un peu sa vie, par bribes vagabondes. Il est donc permis de commencer comme pour les contes de notre enfance, par « il était une fois ».

 

Il était une fois un jeune garçon né dans une de ces obscures familles qui, fort « ordinaires », c’est-à-dire conformes à l’ordre normal et habituel des choses, participèrent à un destin extraordinaire : mieux, participèrent de la nature épique de ce destin. Leur histoire n’est pas l’objet de ce récit, mais il ne pourra être tu, à peine de le rendre inintelligible, leur origine à la fois modeste sur le plan social et étrangère à la patine de la société européenne, étant issue d’une antique mais humble terre, cailloux dorés jetés sur la Mer homérique, latine et punique, par des dieux étourdis. J’allais dire qu’ils venaient de gens sans passé, et, Dieu merci, je me suis arrêté au bord de cette incongruité sacrilège. Car chacun, qu’on se le dise, a un passé, le Marin illettré compagnon d’Ulysse depuis des millénaires, comme le Hobereau de la campagne celte saluant chaque jour les portraits tutélaires de ses ancêtres, qui firent les Croisades.

Méconnu, le Passé ne meurt pas, il dort. Il arrive toutefois que jamais il ne se réveille. C’est, après tout, la loi de l’Espèce.

 

Or donc, voilà nos émigrants – on aura compris qu’ils l’étaient – qui s’installent un beau jour – vite dit, le « beau » jour, vu la suite… sur une terre qui ressemble à la leur, mais infiniment plus vaste, où coexistent passé saccagé, face à un

présent douteux et un avenir prometteur. Tout pour convenir à qui sait se retrousser les manches, ce qui, dans ce chaud pays, n’est pas la plus mauvaise façon de travailler. Leur volonté est alors leur seul patrimoine. On n’émigre pas, en général, avec un patrimoine autre que génétique. Mais, revenons à notre sujet, que nous n’avons guère quitté, en dépit des apparences. A moyens modestes, dépenses modestes. Voilà une vieille équation oubliée ; pis, invertie.

Qui dit dépenses modestes, dit mobilier modeste, où seule l’utilité sert de critère. A ce stade là de l’aventure, on ne regarde pas ailleurs, on ne regarde pas plus haut. Mais ça, ça viendra un jour. Tout en gardant dans les gènes les données de base : l’utilitaire, l’absence de repères esthétiques, et le goût du neuf. C’est là le propre des pays… neufs, ou considérés comme tels, et par là même, objet de cette insidieuse condescendance dont les Européens restés sur leur presqu’île eurasienne font preuve envers les descendants de ceux des leurs qui ont installé leur bivouac de l’autre côté de l’Atlantique.

 

Et voilà notre jeune garçon, grandissant dans un quartier « populaire » (mais pas populeux) d’une ville incomparable, étalant sa superbe entre ciel et mer, une ville-témoin, où se retrouvent et cohabitent des éléments de toutes provenances. Enfant unique, mais bardé de cousins à en constituer une équipe de balle au pied, tous issus d’une ribambelle de frères et de sœurs, il ne va avoir pour horizon qu’un modèle unique de façon de vivre, et entre autres choses, de se meubler. Il n’y découvrira rien qui soit « ancien », bien qu’ayant cru longtemps que les buffets « Henri II » témoignaient du temps du successeur de François 1er….Ah, les apparences ! Tout cela s’expliquait d’ailleurs par l’absence totale d’éléments d’information sur la question. Ne lui jetons donc pas la pierre. Qui plus est, il entendait autour de lui, pas tant de ses parents, qui se contentaient de « suivre », mais d’oncles et tantes ayant plus d’aisance financière, vanter de façon emphatique les mérites esthétiques du « moderne », entendons par là, de ce qui était contemporain. En-est-il autrement, aujourd’hui, des milieux « branchés », terme sans doute utilisé, je suppose, par référence aux branches de sassafras, dans lesquelles un auteur à succès, naguère, avait entendu souffler le vent de la réussite matérielle ?

 

A ce stade de notre enquête, autant se débarrasser promptement de la honte coupable, de celle qui, aujourd’hui, ne suscite aucun pardon : dans le milieu « petit blanc », terme déjà porteur en lui de tout le mépris d’un peuple qui  ne dédaigne pas se délecter de petits blancs, mais sur le zinc d’un comptoir de café,

Il ne pouvait même pas être question de ce qu’on appelait « le style arabe », mobilier comme objets d’art, tableaux, et j’en passe. C’est qu’on ne voulait surtout pas « faire couleur locale ». S’il y eût un style « Maltais » ou « Sicilien », il eût été rejeté avec la même vigueur, car tout ce qui n’était pas « Français de France » ou assimilable à cette provenance fétiche, devait être évité, sous peine de rester un « néo », au bas de l’échelle sociale en matière de considération. Et l’on sait combien tous ces Méditerranéens de souche étrangère étaient avides de « considération ». On ne parlait pas, à l’époque, de « dignité », comme de nos jours, mais de considération. D’ailleurs, d’ores et déjà, toutes ces familles étaient intrinsèquement dignes.  La dignité, alors, n’était pas une revendication, un droit ( comme on dit de nos jours, par une des plus grandes inepties de langage qui soit, issue d’un raisonnement frauduleux ), c’était une Vertu. On l’avait en soi. La considération, elle, venait des autres. C’était un brevet, un permis de se conduire en société.

 

Puis, l’enfant grandit. Il lui arriva de voir, dans sa ville de beaux intérieurs, où l’Art s’affichait sur les murs. Il en fut ainsi d’un lieu a priori pas très agréable : le Cabinet du médecin de famille, qui était aussi son domicile, dans un bel immeuble Second Empire. Et l’Empire, le Premier, était partout dans ce vaste espace, que l’adolescent apprit à connaître grâce aux liens puissants d’amitié et de confiance quasiment de fils à père liant son propre père au médecin, portant le nom d’une grande famille corse d’origine grecque. Cet homme était un fervent bonapartiste, et le souvenir de cet appartement- musée poursuit encore aujourd’hui l’homme âgé qui a gardé en lui les images de sa prime jeunesse.

Ce fut, à vrai dire, son premier choc esthétique, une « révélation » en bonne et due forme. Ce lycéen de terminale venait de prendre conscience du règne de l’art jusque dans le secret des demeures autres que ces châteaux dont il voyait les illustrations dans les livres, et au cœur de cette grande ville maritime sans passé autre que lié à la piraterie…

 

Parvenu à l’Université, il découvrit d’autres demeures, de milieu « bourgeois »

Souvent cossues, certaines, élégantes. Signe de « gens arrivés ». Cela le rendit un peu songeur, lui faisant sentir les différences  sociales, qu’on n’a ni à blâmer ni à justifier, parce qu’il n’existe pas de société purement égalitaire et indifférenciée.  Cela l’irrita parfois, exacerbant son repli ensoleillé, enfermé dans son perchoir d’où il avait une vue à 180° sur la ville, la mer et les montagnes. Mais cela ne l’avança pas – revenons à notre point de départ dans sa connaissance sommaire des styles, et entre autres du mobilier. Le temps n’était pas venu, tant s’en faut, de construire tout un récit autour d’un fauteuil.

 

*     *     *

 

 

Un homme aux cheveux blancs et à la barbe poivre et sel tourne en rond dans la maison qu’il occupe depuis de nombreuses années. En apparence, il passe devant les objets qu’il croise sans leur jeter un regard. Histoire d’habitude. Il y a pourtant beaucoup à voir, notamment sur les murs. Ils constituent comme une scène de théâtre, ou plutôt un écran de cinémascope, immobile mais que l’œil parcourt, restituant ainsi le mouvement. Tout parle d’une vie passée, décor du temps d’une jeunesse enfuie, mais restée vivante du côté de la mer. Une jeunesse, non pas révolue mais absente. Et comme telle, infiniment présente par la voie de l’imaginaire. Tout paraît alors constituer un patrimoine sa   uvegardé, un Héritage. Mais, cet héritage est lui aussi imaginaire. Car, tous ces tableaux, qui déclament les formes et couleurs du pays d’enfance, ce grand port décliné sous tous les angles, ils ne l’ont pas accompagné dans son exode, il les a acquis peu à peu, pour meubler son exil. Pour l’aider à survivre, toutes plaies ouvertes au vent de mer chargé de sel de ses souvenirs. Face à ces gardiens de la mémoire qui n’en sont pas les témoins mais les pisteurs, tels des chasseurs de prime lancés à la poursuite d’un fugitif assassin, face à ce qu’il avait pu sauver, ces rangées de livres de Fac, ces disques microsillons dûment estampillés de l’étiquette du disquaire de là-bas, le mobilier courant est à la fois hétéroclite et sans grande valeur. J’entends par là : sans légitimité historique – à l’exception de quelques bibelots – ni esthétique. Qu’aurait-il réuni, s’il était resté là-bas, de l’autre côté du vide marin ? Qu’aurait-il patiemment constitué ? Nul ne le saura jamais. C’est, diraient les grammairiens, de « l’irréel du passé ».

De ses  parents, il n’a rien reçu, hormis quelques tableaux, qui ont charmé son regard d’enfant, parce qu’ils en avaient eux-mêmes hérité, non pas de leurs ascendants, mais d’une personne amie, seule, sans famille ou rejetée par elle, qu’ils avaient totalement prise en charge. Décidément, cette famille était l’archétype d’un monde nouveau qui s’édifiait, hors de tout héritage héréditaire, bâti à partir de zéro. Et ces quelques tableaux, vieillots, sans réelle valeur hormis l’un d’entre eux, ont été placés dans sa chambre, au premier étage, hors la vue des visiteurs, car ils constituent l’expression secrète, intime, de son univers d’enfant. Il faut y ajouter deux beaux portraits à l’huile, rescapés du dix neuvième siècle, dont l’un représente la mère de cette dame. Que voilà pour cet homme un tableau éloquent et valorisant d’un vrai-faux ancêtre ! Mais, il faut croire que son imagination, parfois, est en panne. Ou bien, elle se disperse trop.

Pourtant, ce portait n’est pas placé très loin d’objets évoquant les Pays du Sud, de l’autre côté de l’océan, et cette Dame, peinte par un artiste membre de sa famille, au patronyme corse, aurait pu être une voisine de Scarlett. Ce qui  n’eût pas déplu à notre homme, sudiste « par la Grâce de Dieu ».

 

*     *     *

Il reçoit peu, et même fort peu. Mais, il met un point d’honneur à envisager une visite. Celle d’un Ami, celle d’un Prince. Un  Prince ami, qui pourrait être Consul Général d’un Royaume imaginaire. Ou son Chancelier, par exemple. Mais, un Ami suffirait. Un ami vrai, une sorte de frère qui aurait été choyé par la Providence, à la fois par ses mérites propres et par ce qu’il aurait reçu des siens. C’est à eux qu’il pense, comme à un grand voyage immobile, leur faisant franchir sa porte d’entrée, où il a placé en évidence une clef – fausse, la vraie étant restée sur place, mais qu’importe, puisqu’elle n’est destinée qu’à ouvrir le lourd battant de son cœur meurtri pour pénétrer virtuellement chez lui. Et il conduit tout le monde à l’adresse qu’il a pris soin de mentionner sous la clef, afin, comme disent les huissiers, que Nul n’en ignore.

 

Alors, pour ces visiteurs attendus, espérés, il a entrepris, alors même qu’il n’en a nul besoin pour lui-même, et qu’il est dans l’absence de toute illusion sur le sort qui sera fait par sa descendance  à ce qu’il laissera, de s’équiper, non pas en conférant de la valeur marchande au décor qui est le sien, mais, poursuivant sous une autre forme la démarche qu’il avait entreprise, voici bientôt quarante années, tendant à couvrir ses murs de peintures réalisées là-bas, au cours des années d’or de la première moitié du vingtième siècle, pour en faire rétroagir l’effet à cette époque bénie, et d’acquérir des éléments de mobilier qui joindront au confort des visiteurs l’apparence d’être là depuis longtemps, depuis toujours, comme on aimait à dire dans le pays de son enfance, où la succession de quatre, voire même seulement de deux ou trois générations représentait une éternité. 

Que cela représente un certain sacrifice, et même un  sacrifice certain, peu lui importe, sinon même de contribuer à accroître la force symbolique de son geste.

Les temps sont durs, et tout choix comporte, plus que jamais, une discrimination. Toute dépense de quelque importance signifie la renonciation, tout au moins dans l’immédiat, à d’autres choix. Fou de certains voyages, qui lui ont déjà fait traverser l’océan Atlantique nord et sud, qu’il entreprend à la recherche de ses rêves inassouvis, donc de lui-même, il a déjà mesuré de lui-même le coût des grandes choses à l’aune du prix d’une traversée aérienne transatlantique – même, ce qui est un comble, lorsqu’il réalisa cette traversée par mer, sur un grand paquebot héritier des géants des années trente. Ce coût-étalon est en effet un critère de choix aussi important que spectaculaire. Mais, au terme de ses longs débats intérieurs, à la recherche de ses bonheurs perdus, donc à reconquérir, et en tenant compte de la variable temporelle qui a son mot cruel à dire à chaque année qui passe, il prend ses décisions, dans la douleur – mais ça, il en a l’habitude – mais avec détermination, une fois ses questionnements surmontés.

 

Et c’est ainsi qu’il a ouvert la route de son salon exigu à l’arrivée d’une paire de fauteuils d’époque Louis-Philippe, qui lui diront par leur présence tranquille le  temps du dernier roi, même s’il eût préféré qu’il fût « de France », et non « des Français ». Mais ça, c’est, comme on dit, une autre histoire. Et qu’il considérera surtout comme contemporains de la naissance du nom « Algérie » et d’une certaine « Légion Etrangère. A ce titre, il les replacera par l’imaginaire dans la grande pièce qui dominait le port et la baie de la ville à nulle autre pareille.

 

                                                                                   PIERRE DIMECH 

 

 

 

  

           

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