Petit musée de Pierre Dimech
Après le numéro de juin 1955, marqué par la présence en Alger du maréchal...JUIN, voici ce 2° numéro, également objet de mes dernières trouvailles. Là, pas d'évènements saillants, motif à grands reportages photographiques, mais une suite d'activités, qui pourraient nous faire dire, en nous calquanr sur une phrase célèbre : " Pendant le Terrorisme, la Vie continue...
En voici la preuve avec le sommaire de ce numéro :
Prenons par exemple la rubrique des vedettes de passage: on rencontre les grands comédiens Marie Bell et Jean Chevrier, transfuges de la Comédie-Française, fabuleux interprêtes de Racine, venus jouer " Bérénice " dans le cadre des Galas Karsenty; on y croise Bernard Blier, venu nous séduire dans " Le Mari, la Femme et la Mort ", d'André Roussin. On rit à perdre haleine avec Robert Lamoureux, dans "La manière forte "....
Tandis que dans l'immense salle du " Majestic ", ( où j'eus, à peu près à la même époque - 2 ans auparavant - la joie frénétique d'entendre Sidney Bechet, accompagné par la formation jazz New Orleans d' André Reveilloty. A noter qu'en ouverture s'était produit un débutant dégingandé, nommé...Jacques Brel ), la salle fut enfiévrée sous les rythmes chaloupés de Jacques Hélian et son orchestre...
Jacques Hélian et sa formation à Alger
Mais le Sport est aussi présent, avec une compétition dans laquelle hommes et mécaniques sont mis à rude...épreuve ! Il s'agit du célèbre RALLYE ALGER - LE CAP, précurseur homérique du " DAKAR "....
Un cliché retient particulièrement mon attention, me rappelant les recherches que j'ai effectuées dans le cadre de la préparation de mon livre " PIEDS-NOIRS et COUS-ROUGES ", qui mettait en évidence maintes similitudes entre américains et français au fil de leurs épopées respectives. Et je soulignais que l'univers pionnier des Français d'Algérie n'avait rien à envier à celui de leurs - lointains - " cousins " d'Outre-Atlantique. ces derniers avaient surtout bénéficié d'une large couverture cinématographique magnifiant leur oeuvre énergique, chose dont furent privés les nôtres.
Cette photo des organisateurs du Rallye, prise à l'arrivée à la Colonne-Voirol à Alger, publiée dans ALGER-REVUE de mai-juin 1956, pourrait être tirée d'un film hollywoodien...Qui attendent-ils ? Des coureurs automobiles ou bien James Dean ? Sommes-nous à côté d'Hydra, ou bien à l'est d'Eden ? on pourrait aussi y voir, de gauche à droite, un cow-boy, un Texas Ranger, et des agents du FBI...
Tout ça nous rappelle, au moment de l'épopée du pétrole saharien que l'Algérie était une sorte d'Amérique de la France...mais ça, n'est-ce pas, c'est une autre histoire!
Terminons toutefois sur quelques vues d'Alger, pour rester dans l'esprit de cette Revue municipale, et retrouver quelques endroits qui furent notre lieu de vie, et le théâtre de notre Enfance...
la rue Michelet, ce fut surtout pour moi LA FAC....
Cette Place de la Grande Poste revient " étrangement " de façon lancinante, lorsque je rêve que je me trouve à ALGER, et dans ces rêves, je m'y trouve TOUJOURS DE NUIT, et à l'endroit précis d'où est pris ce cliché, sauf que je suis au milieu de la chaussée, et non en hauteur. j'ajoute que je viens seulement de découvrir cette photo, mais que mes rêves me reviennent depuis des années...