Petit musée de Pierre Dimech
Qui ne connaît – du moins parmi mes distingués lecteurs – la célèbre devise des Mousquetaires du Roi ? Elle concentre en elle-même la profonde dignité de la personne humaine et la noblesse insigne du groupe, en une union consubstantielle. Mais son domaine reste celui de la solidarité dans l’épreuve. Elle a un contenu de nature morale, qui est étranger à tout esprit revendicatif.
Autant j’admire ce vocable de « tous », au secours du « un », ou secouru par lui, autant la frénétique antienne de « mariage pour tous » me paraît déplacée autant que vulgaire.
Vulgaire, parce que ça a un petit air de ces revendications sociales des deux siècles passés, lesquelles portaient sur des avantages matériels de première nécessité…Après « les congés payés pour tous », le « mariage pour tous » ? Quel mélange des genres ! ( Ah, le « genre », un terme à manier avec précaution, depuis qu’il n’est plus limité à l’expression un tantinet méprisante : « tiens, elle ( ou :il ) a un drôle de genre ! » )
Et puis, c’est faux, et même si l’on bouleverse un peu plus notre Droit, cela le restera longtemps. Le mariage introduit une limite d’âge au-dessous de laquelle on ne peut pas se marier, sauf dispense pour motif grave donnée par le Procureur de la République. Le mariage est, encore, prohibé à raison de l’existence d’un précédent mariage non dissous par jugement de divorce, ou, encore, à raison de liens de parenté à un certain degré entre les époux.
On va me dire que bientôt, tout cela aura vécu, une fois admis tout ce que demandent – Pardon, « exigent », ceux qui réclament à corps et à cris, le « mariage pour tous ».
Mais alors, c’est le mot « mariage » qui ne voudra plus rien dire. Ce qui est amusant, si j’ose dire, c’est que celui qui, désigné, rappelons-le quand même, pour être le gardien, et non le naufrageur, de nos Institutions, joue à « faîtes ce que je vous dis, mais ne faîtes pas ce que je fais » : en effet, à l’Elysée, on ne semble guère priser le mariage….
Une chose enfin, sur le plan de la terminologie : j’ai participé, dans la ville la plus proche de mon domicile où il y avait un défilé, à la Manifestation du 17 novembre ( mon père s’est éteint un 17 novembre, voici 18 ans : j’ai senti son ombre outrée être à mon côté dans cette marche ), et j’ai entendu maintes bonnes choses. J’ai pourtant été « surpris » (litote !) par l’appel à la défense du « mariage républicain ». Surprise ! je ne savais pas qu’il y avait un mariage « républicain », ce qui laisse supposer qu’il y a un mariage « royaliste » - je parle de la France – ou un mariage « impérial ». ! On oublie que la République est un régime politique parmi d’autres, comme la Démocratie est une forme de gouvernement parmi d’autres. Mais, me direz-vous, on en n’est plus à Aristote. Dommage !
Il y a donc que notre mariage, en France, est régi par le Code Civil. Ce sont les Lois de la République, mais il en a été de même sous les régimes du 1er et Second Empire, de la Restauration monarchique, et de la Monarchie de Juillet… Il faut donc parler de Mariage « civil », notion qui le distingue et l’oppose (je suis tenté de dire : hélas !)au mariage religieux Si on se dirige à toute allure vers l’Anarchie, alors, tant qu’à faire, je réclame la Liberté de choisir sa forme de mariage : civil ou religieux – ou les deux, comme l’on connaît -encore – maintenant Qui plus est, le mariage civil remonte à la plus haute Antiquité. Et depuis cette grande époque, il a toujours été substantiellement lié à la notion de filiation, donc de Famille. La Famille « naturelle » comme il se doit. C’est pourquoi c’est la Nature elle-même qui est attaquée aujourd’hui, car nos prescriptions religieuses sont calées en quelque sorte sur la loi naturelle.
Pour terminer : cette revendication, inepte, et propre à tromper les gens, de « mariage pour tous », repose enfin sur un abus de langage, destiné à jeter un rideau de fumée (comme les FEMEN, avec leurs extincteurs à Paris, lors du défilé du 18 novembre ) pour brouiller les cartes : Cela tendrait à dire qu’il y a des gens, aujourd’hui, en France, qui n’ont pas le « droit » de se marier ? Hormis les Religieux, bien entendu, qui y ont renoncé par vœu spécifique - Il y a aujourd’hui le Mariage pour tous . Mais pas, le « Mariage de tous avec tous ». Ah, « j’aimerais » (façon de parler) voir en janvier, chez les probables contre-manifestants instrumentalisés par le lobby totalitaire – il est même contre la liberté de penser ! – LGTB, une banderole annonçant la couleur : « MARIAGE POUR TOUS AVEC TOUS ! ». En attendant l’extension à « tous les êtres vivants » ! Après tout, il n’y a, comme on dit, que le premier pas qui coûte , et si on place l’Amour-attraction au-dessus de tout, l’Amour-regards tendres et câlins garantis, il y a chez nos compagnons à 4 pattes, bien des marques de tendresse que n’ont pas nombre « d’humains ». Mais, « chocking ! » on n’en est pas encore là pour le moment…ça fait encore, comment dire ?...Mauvais Genre !!!