Petit musée de Pierre Dimech
Des amis ayant assisté à la conférence que j’ai eu le plaisir de donner au cercle algérianiste d’Aix le 23 avril sur JEAN BRUNE dans le cadre de la 1ère partie des « Ecrits de la liberté », m’ayant demandé de communiquer quelques unes des citations que j’ai faites de ce grand Français d’Algérie, ainsi que de Jean Raspail, en fin d’exposé, je m’exécute bien volontiers.
JEAN BRUNE : « Cette haine qui ressemble à l’amour » :
« Le colonel avait retrouvé Ben Driss en Indochine…En Afrique, Ben Driss était pour le colonel la preuve vivante que la France ne faisait pas la guerre à tout un peuple, tout entier dressé contre elle pour défendre une conception de la liberté politique et de la vie ».
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« Cette guerre, dit l’imam, est une catastrophe. Les jeunes s’y sont engagés à l’appel de Benallal, dont ils se moquent maintenant, parce qu’ils le jugent trop timoré…trop raisonnable. C’est qu’au fond Benallal était un Français qui ne se déchaînait en violences verbales contre la France que pour la contraindre à satisfaire son ambition…De l’enseignement de Benallal,(les jeunes générations) n’ont gardé que la haine contre la France ».
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«- Cependant, insista le colonel, n’est-il pas permis de penser que le marxisme faisant de la matière la fin de tout en ce monde, et l’Islam cherchant en Dieu la source de toutes choses, les deux philosophies sont inconciliables ?
- Non, dit l’imam, il n’y a pas d’erreur plus dangereuse…Parce que, loin d’être un obstacle dressé devant le communisme, l’Islam est une porte ouverte sur un couloir qui y mène tout droit !....
…En somme, le fatalisme musulman s’accorde parfaitement avec le déterminisme historique de la doctrine marxiste ! ».
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« - Quelle étrange idée, dit le colonel, ont trop d’hommes de ce pays, de ne pas comprendre que, défendant ici une certaine conception de la France, les soldats défendent aussi leurs fermes !
- Quelle étrange idée, répliqua Durrieu, ont trop de militaires qui imaginent que, défendant leurs fermes, les colons les gênent pour défendre la France ! »
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« Leur vérité, c’était le souci d’assurer la prospérité des fermes, non pas tellement pour le profit matériel qu’ils en retiraient, mais parce qu’ils s’étaient identifiés à leurs terres…Ils avaient conscience d’avoir fondé quelque chose avec de la sueur et du sang. Et voici que maintenant, ils identifiaient les champs à leur propre chair et à leur propre sang ».
JEAN BRUNE : « JOURNAL D’EXIL »
« Le tiers monde construira sans aucun doute de ses mains nues un ordre nouveau. A un moment donné, il a dépendu de la France que cet ordre ne soit pas l’ennemi de l’Occident. La chance a été gâchée. Nul ne peut dire ce que sera l’avenir, mais l’expérience historique appelle à se souvenir que les grands bouleversements…ont toujours été le fait de foules, parfois misérables, embrasées par une ferveur…Prenons garde que les foules sans chaussures du tiers monde ne campent pas un jour dans les plaines d’Europe comme les sans-culottes de Bonaparte ont campé dans la plaine du Po, et finalement s’y sont habillés, comme le raconte Stendhal »
( à noter que ce passage du livre de Brune a été écrit en date du 12 novembre 1962, 11 ans avant la parution-choc du « Camp des Saints » de Jean Raspail » )
JEAN BRUNE : « INTERDIT AUX CHIENS ET AUX FRANÇAIS »
Le sens du combat des troupes d’élite :
« Ils se battaient pour un certain goût de l’effort qui, peu à peu, décape la pensée de ses boues, la laisse plus nette et plus pure, ramenée à l’essentiel, qui est toujours simple. Ils se battaient parce qu’ils avaient choisi de se fondre dans un grand corps aux réflexes collectifs, noués dans la somme des renoncements individuels, et que par ce chemin ils atteignaient à une hautaine dimension de la liberté…Ils se battaient aussi pour une notion de la communauté occidentale et pour les valeurs sur lesquelles elle se fondait. Mais…ils pressentaient que cette bataille pourrait les amener un jour à un conflit avec les commandements formels de la discipline. Accoutumés à épuiser ce qu’il y a de grandeur dans l’obéissance, ils refusaient la soumission comme une offense : et ils s’interrogeaient sur les obscures frontières qui séparent l’obéissance et la soumission ».
Dans son texte, Jean Brune venait de citer expressément Saint-Paul : « Je suis lié , donc je suis libre ». Pour la grandeur de l’obéissance. Mais, devant le déshonneur de la soumission, Brune fait s’écrier ces hommes : « Nous ne permettrons plus ! ». Or, il y a un mot tiré du vocabulaire religieux pour cela, auquel a peut-être pensé Brune. C’est celui du « Non Possumus ! ».
Il y a dans l’exposé lapidaire et intensément dramatique de cette situation tout le thème fondamental de la pièce de théâtre inachevée de Brune : « LES MUTINS »
La SUITE de ces citations dans un prochain envoi….
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